Palácio dos Marqueses de Fronteira

11 novembre 2017

Ce palais, dans l’immense parc Monsanto, en bordure de Lisbonne, est un enchantement, une symphonie d’azulejos et de sculptures qui ornent le bâtiment et les jardins. Il faut le mériter, il est rarement ouvert, la visite est guidée, deux par jour seulement, 11h et midi, car la famille des marquis de la Frontière y habite toujours. Mais après avoir vu l’intérieur (pas de photos), on peut traîner dans le parc tant qu’on veut. L’accès se fait depuis la station de métro Jardim Zoológico, en suivant une sorte de jeu de piste : une bande verte sur le trottoir qui y mène comme les pierres du petit Poucet, une innovation locale, jamais vu ça – cette excellente idée – ailleurs.   

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Maid of Malham

10 novembre 2017

Tableau de Charles Pears, The yacht Maid of Malham by moonlight

Maid of Malham a été dessinée en 1936 par John Illingworth (1903-1980), architecte naval et régatier de haute mer mythique, à l’origine d’une révolution dans la conception des voiliers, ayant donné les monocoques modernes (notamment les voiles d’avant plus grandes, les génois, et des carènes plus fines permettant de mieux remonter au vent). Malcolm Robson raconte sa fin, en novembre 1969. On ne peut qu’être impressionné par la différence entre les conditions de sécurité aujourd’hui et alors, avec les balises de détresse, les téléphones satellites et bien d’autres dispositifs, qui ont complètement transformé les chances de survie.

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Seamanlike decision

9 novembre 2017

Malcolm et Merrill Robson perdirent deux bateaux à quatre années d’écart, Banba IV et Maid of Malham. Le premier était âgé de près de six décennies, il avait affronté une mer hostile dans les premières semaines de la traversée, mais le mât était près de tomber, et à l’arrivée d’un freighter, le skipper prit une décision de prudence, ‘a seamanlike decision‘.

Banba IV était un cotre de 20 tonneaux dessiné par Fred Shepherd et construit aux chantiers Whitstable Shipping Company en 1911. En 1969, avec mon épouse Merrill, nous quittions Annapolis, Maryland, vers la fin juin, après avoir complètement remis à neuf le bateau : nouveau gréement, nouvelles lignes, écoutes et drisses, nouveau bout-dehors, régulateur d’allure, carénage, voiles renforcées, etc. Rempli jusqu’aux sourcils, fuel, eau, victuailles pour cinq personnes et deux mois, en vue de la traversée directe vers Guernesey, soit 3500 milles.

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Mal de mer fatal

3 novembre 2017

Odd Times, un cotre à corne (gaff-rigged cutter) de seulement 23 pieds (7 m), a fait naufrage en 1967 dans des circonstances malheureuses. Tout a commencé par un mal de mer persistant. Peter Rose, son propriétaire et skipper l’avait conduit depuis son Essex natal (au nord-est de Londres) dans la mer Egée, puis à travers l’Atlantique vers La Barbade, où il arrive en janvier 1966, les autres Antilles ensuite, et finalement les Etats-Unis le long de la côte Est, jusques dans le Rhode Island, où il passa l’hiver 1966-67. L’été suivant, il le conduisit dans les provinces maritimes du Canada, en Nouvelle Ecosse, d’où il fit route vers St Pierre et Miquelon, avec un ami et équipier, Paul Sheard.

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Flâner

28 septembre 2017


E, em meio de tudo isto, vou pela rua fora, dorminhoco da minha vagabundagem folha. Qualquer vento lento me varreu do solo, e erro, como um fim de crepúsculo, entre os acontecimentos da paisagem. Pesam-me as pálpebras nos pés arrastados. Quisera dormir porque ando. Tenho a boca fechada como se fosse para os beiços se pegarem. Naufrago o meu deambular.*
Fernando Pessoa, Le livre de l’intranquillité, 1913-1935

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À la recherche de l’Estado Novo

26 septembre 2017

La révolution des Œillets date de bientôt un demi-siècle, et on ne voit guère de traces à Lisbonne de la période antérieure, l’Estado Novo, de Salazar et Caetano, qui a pourtant duré presque aussi longtemps, de 1933 à 1974. Il est décrit comme ‘a right leaning corporatist regime of para-fascist inspiration‘*. Le monument des Découvreurs (Padrão dos Descobrimentos) sur les bords du Tage est un exemple de l’architecture de cette époque, les deux colonnes qui dominent le parc Edouard VII également. De là, une allée majestueuse s’ouvre sur la place du marquis de Pombal et l’avenue de la Liberté, avec une vue sur toute la ville et l’estuaire. L’ensemble date de 1949, oeuvre de l’architecte Keil do Amaral. Une affiche de propagande, avant que le pays perde ses colonies :

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Oceanário

25 septembre 2017

L’Oceanarium de Lisbonne est le plus grand d’Europe et le troisième au monde. On disait avant ‘Aquarium’, maintenant c’est Oceanarium, un mot un peu difficile à prononcer pour les Français, sans doute à cause du son ‘an’ de océan. Très bien aménagé et organisé en tout cas, sa visite est un must dans le quartier du Parc des Nations, issu d’une exposition universelle en 1998.

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Enterram-se os mortos e cuidam-se os vivos

25 septembre 2017

La ville avant le tremblement de terre (détail du panneau géant de 1700)

C’est la réponse de Sebastião José de Carvalho e Melo, marquis de Pombal, quand on lui demanda : « Et maintenant ? », après le tremblement de terre et le tsunami qui firent plus de 50 000 victimes et détruisirent la ville en 1755 : « Enterrez les morts et occupez-vous des vivants », symbole de l’esprit pratique qui marqua ensuite son gouvernement (1755-1777). On est en plein siècle des Lumières, Voltaire et Rousseau se disputeront sur l’interprétation à donner à la catastrophe, pourquoi Dieu a-t-il laissé ainsi punir un des pays les plus pieux du continent, pourquoi aussi la destruction de toutes ces églises ?

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Museu de Marinha

23 septembre 2017

Parti le 8 juillet 1497 de Lisbonne, Vasco de Gama arrive en Inde avec sa caraque (nef ou nau), le São Gabriel,  le 21 mai 1498, soit après un voyage de onze mois… Il en repart le 29 août 1498 et rentre au Portugal en septembre 1499, après plus de deux ans. Le retour aura duré encore plus longtemps, 14 mois. L’arrivée à Calicut, vue par Roque Gameiro (1900) :

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Hiéronymites

22 septembre 2017

J’aime bien ce mot, hiéronymites, en portugais c’est plus simple, Jerónimos, repris à l’identique en anglais, en espagnol, en italien ou en allemand, ça veut dire appartenant à l’ordre de Saint Jérôme, en latin Ordo Sancti Hieronymi. Le monastère à Belem, sur le Tage, dans l’agglomération de Lisbonne, avec son église et son cloître de style manuélin (fin du gothique, règne de Manuel Ier : 1495-1521) est une splendeur. Évitez d’y aller en juillet-août par contre, la foule gâcherait un peu la visite. En fin d’après-midi, quand le soleil tape sur le haut du cloître, le spectacle est de toute beauté. Les tombeaux des deux plus grands noms du Portugal, Vasco de Gama et Luís de Camões sont ici, à l’entrée de l’église de Santa Maria.

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Retour au Lac Champlain

22 septembre 2017

Le charme du lac Champlain, exploré par un de nos « conquistadors français », Samuel* C., à cheval aujourd’hui sur le Québec, le Vermont et l’Etat de New York, c’est qu’il comporte de nombreuses îles, dont la plus charmante est peut-être L’Isle La Motte, mais sur la ‘Grand Isle‘, North Hero et South Hero sont pas mal non plus. Le nom bizarre vient d’un hommage à un héros de la révolution américaine, originaire du Vermont, Ethan Allen 

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Sintra

22 septembre 2017

Sintra, lieu mythique, dans la montagne entre Lisbonne et l’océan, résidence privilégiée des souverains du Portugal. Le palais date de la Renaissance, à la fin du XVe siècle. Les deux cheminées lui donnent son aspect si original, et l’intérieur est simplement époustouflant. Du palais et de la ville on voit sur les hauteurs le château des Maures, construit sous le califat de Cordoue (Al-Andalus), aux VIIIe et IXe siècles, avec comme objectif de se défendre et s’abriter des incursions viking. Sintra s’appelait alors Al-Shantara…

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Le couvent de liège

9 septembre 2017

Frei Honorio de Santa Maria

Deep in yon cave Honorius long did dwell
In hope to merit heaven, by making earth a hell.
Byron

Dans la montagne de Sintra, un site extraordinaire, le monastère des Capucins, ou Couvent de Santa Cruz, taillé dans le roc, dominant la vallée, enfoui sous la verdure. Occupé par les moines franciscains de 1560 à 1834, laissé à l’abandon ensuite, il a été restauré et ouvert au public seulement en 2001. Douze cellules minuscules, une cour, une fontaine, une chapelle, des allées, des portes et fenêtres en liège pour isoler, on crapahute en baissant la tête* dans les couloirs minuscules, puis dans les sentiers environnants, sous les arbres, avec des échappées superbes vers l’océan.

Philippe II d’Espagne, 1556-1598 (et Philippe I du Portugal, 1581-1598), disait du lieu : « Há dois lugares que muito estimo, o Escorial por tão rico e o Convento de Santa Cruz por tão pobre ». Il y a deux endroits que j’aime particulièrement, l’Escurial, parce qu’il est si riche, et le Couvent de Santa Cruz, parce qu’il est si pauvre.

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Que Pena!

6 septembre 2017

Quand on va à Sintra, haut lieu de la monarchie portugaise, ne pas se tromper, le palais de Sintra n’est pas le même que celui de Pena. Le second est une construction bizarre du XIXe siècle, le premier est plus ancré dans l’histoire et infiniment plus beau. Pena est un château kitsch, multicolore, très laid et très ridicule, sauf de loin car le site est superbe sur une colline dominant la forêt, dans la Serra de Sintra. Par contre les jardins de Pena sont admirables, immenses et magnifiques, de quoi se perdre une journée entière. La visite du château lui-même en juillet est en plus une épreuve, avec la foule compacte, un peu comparable au métro d’une grande ville aux heures de pointe.

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Onde a terra se acaba

2 septembre 2017

Eis aqui, quase cume da cabeça
De Europa toda, o reino lusitano,
Onde a terra se acaba, e o mar começa,
Esta é a ditosa pátria, minha amada.
Luís de Camões, Os Lusíadas

Le point le plus à l’ouest de l’Europe est au Portugal. En tout cas, si on s’en tient à cette carte, à cette projection… Il faudrait en fait préciser, le plus à l’ouest de l’Europe continentale, car l’Islande est bien plus à l’ouest, et l’Irlande bat le Portugal d’une courte tête, comme on le voit avec une autre projection dans la carte du bas. Mais ce sont des îles. Le cap le plus occidental de l’Irlande est à 10°37 W, le cap Roca au Portugal à 9°30  Celui de l’Islande à 24°28, encore plus à l’ouest que le continent américain avec le Groenland (17°16 sur sa côte orientale), ce qui apparaît nettement sur la carte du haut. Si on prend en compte toutes les îles, le Portugal conserve cependant la palme, avec les Açores, encore plus à l’ouest que l’Islande (28°49 pour Faial, 31°15 pour Flores).

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