Patmos

Le monastère se voit de loin quand on arrive à Patmos, au sommet des montagnes de l’île  C’est une forteresse imprenable du XIe siècle  Comme quoi les questions militaires autrefois (comme aujourd’hui d’ailleurs), ne se distinguaient guère des questions religieuses. La menace pour les Byzantins à l’époque était celle des Turcs seldjoukides, bien avant les Ottomans. Le lieu est vénéré par les orthodoxes mais aussi par les catholiques. Les paquebots de touristes et pèlerins remplissent l’avant-port, on passe au ras de leur proue ou poupe pour rentrer   Quelque mille ans plus tôt, St Jean (« l’Aigle de Patmos ») s’est réfugié ici, dans une grotte (on visite, mais pas de photo, et la ferveur religieuse s’expose), pour écrire le livre de l’Apocalypse. Grâce à sa virginité, il avait pu subir auparavant le supplice de l’huile bouillante, à Rome, sans en garder aucune trace. Comme quoi… Et pour ceux qui auraient oublié leur catéchisme, ou n’y seraient jamais allés, voir ici pour l’Apocalypse. C’est un peu compliqué. Et pour les 4 cavaliers. A part ça, la chora (la ville perchée) est magnifique.

and for Greek islands lovers.

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8 Réponses to “Patmos”

  1. Jacques Says:

    Jean-Gab et moi avons eu une expérience étrange dans ce lieu, la grotte de St Jean. Alors que nous étions assis dans un quasi recueillement, alors que les gens défilaient devant l’endroit où le saint s’allongeait (la cavité de la grotte où il posait sa tête est toujours là), alors que des nonnes très austères et très couvertes* venaient baiser la pierre, une femme est arrivée. Très belle, jeune, épanouie, elle s’est présentée devant l’autel minéral, de dos, à moins d’un mètre de nous. Ses courbes, dans une robe légère d’été, la forme de ses hanches, de ses fesses, étaient magnifiques. Tout d’un coup, nous étions rappelés dans ce lieu spirituel à des préoccupations bien plus matérielles… C’était un véritable choc, aussi recueillis que nous pouvions l’être, il était impossible de ne pas admirer, de ne pas être sollicités par d’autres pensées. Nous nous sommes regardés, constatant à l’évidence que nous partagions les mêmes sentiments. Jean-Gab me dit en sortant, c’était unique cette expérience, cette arrivée inattendue, ce rappel de notre condition humaine, ce mélange de matériel et de spirituel, cela avait quelque chose de bouleversant.

    * La tenue et la ferveur des nonnes ont suscité une discussion entre nous par la suite, pour les uns cela n’avait rien à envier au rigorisme du niqab ou de la burqa, pour les autres la différence était qu’il ne s’agissait pas dans ce cas de civiles, de gens comme tout le monde, mais d’un ordre religieux.

  2. jean gab Says:

    Jacques tu racontes parfaitement cette scène, irréelle et magnifique. Toutes les formes du désir prenaient corps en ce lieu. Un désir métaphyique vers l’absolu où nous plongeait le lieu, et son incarnation dans le corps de cette jeune femme. Etrangement les pensées érotiques suscitées n’ont pas rompu la méditation mais l’ont déplacée.
    Pour résumer je dirai que la multiplicité du désir m’est apparue dans son unicité. en termes plus « clairs » on percevait dans ces deux désirs, antinomiques, leur nature unique.

  3. JB Says:

    Absolutely, well put.

  4. michel Says:

    Houellebecq : La Carte et le territoire (Flammarion, 2010, 431 p., prix Goncourt 2010)
    « Arrivé sur le parvis de N-D de la Gare, il hésita puis entra. L’église lui parut d’abord déserte, mais en avançant vers l’autel il aperçut une jeune fille noire, de 18 ans tout au plus, agenouillée dans une stalle, les mains jointes, face à la statue de la Vierge ; elle formait des mots à voix basse. Concentrée dans sa prière, elle ne faisait aucune attention à lui. Son cul, cambré par l’agenouillement, était très précisément moulé par son pantalon de fin tissu blanc, nota Jed un peu contre son gré. » (p. 211-2)

  5. Jacques Says:

    🙂 ça tombe à pic, dis-donc. Alors, et le roman de Houellebecq, ça vaut les précédents ?

  6. Jean-Yves Says:

    Quel bord! Quel voyage! Et même de la métaphysique à ma portée…

  7. Jean-Yves Says:

    La « Patmos 70 » mérite aussi l’ accrochage lors de l’expo.

  8. JB Says:

    Merci, mais il y a une tache en plein milieu, due à mon appareil. Les photos de François-Xavier (marquée fxb) sont de bien meilleure qualité. Un petit numérique contre un appareil de véritable pro.

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