Jam tomorrow

Couverture imaginaire du roman à l’eau de rose du héros de Misery, roman de Stephen King, l’écrivain Paul Sheldon. Le livre est celui qu’il écrit sous la  terreur, dans sa prison des Rocheuses, pour la redoutable Annie Wilkes.

Jusqu’à présent j’avais pas trop accroché à Stephen King, mais là je dois dire qu’avec Misery, on ne peut pas le lâcher, c’est un véritable bonheur d’écriture, et de suspense, avec une histoire incroyablement inventive et originale. En plus, sur les techniques de l’écrivain face à son roman, c’est extrêmement intéressant. J’avais vu le film, excellent, mais le livre est encore mieux. En fait, c’est une sorte de remake de l’histoire de Shéhérazade, les 1001 nuits, lui il doit écrire pour rester en vie : « Le roi de Perse, Shahryar, est trompé par sa femme. Persuadé de la perfidie de toutes les femmes, il épouse chaque jour une vierge qu’il tue au matin de la nuit de noces pour se venger. Shéhérazade, fille aînée du grand vizir, se porte alors volontaire pour faire cesser le massacre, et met au point un stratagème avec sa sœur cadette Dinarzade. Après son mariage, le soir venu, elle raconte une histoire palpitante au sultan sans la terminer. Son époux veut alors tellement connaître la suite qu’il lui laisse la vie sauve pour une journée de plus. Ce stratagème dura pendant mille et une nuits (ce qui correspond à un cycle de trois ans) au bout desquelles… »
A un moment, Stephen King cite une formule de Lewis Carroll, qui est restée dans le langage courant en anglais : Jam tomorrow, elle correspond à peu près à notre Demain, on rase gratis.

‘The rule is, jam tomorrow and jam yesterday – but never jam today.’
‘It MUST come sometimes to « jam today, »‘ Alice objected.
‘No, it can’t,’ said the Queen. ‘It’s jam every OTHER day: today isn’t any OTHER day, you know.’
‘I don’t understand you,’ said Alice. ‘It’s dreadfully confusing!’

King adapte la phrase, pour son héros cloué dans son lit, prisonnier de la folle Annie Wilkes, remettant toujours à demain le moment où il va rédiger la suite des aventures de Misery : « Dans sa tête, il crut entendre la voix de la reine de coeur, sermonnant Alice: Ici en bas, nous avons bien agi hier, et nous envisageons de bien agir demain, mais nous n’agissons jamais bien aujourd’hui. » (trad. William Desmond)

Une mention spéciale pour Kathy Bates, géniale  Mais James Caan est superbe aussi.

King rend aussi hommage à Maugham :

« Elle possédait tout ce que Somerset Maugham avait pu écrire et Paul avait entrepris la longue randonnée à travers les vingt et quelques volumes de l’oeuvre du maître, fasciné par son talent pour saisir les temps forts d’une histoire. Avec les années, Paul avait fini par se résigner à accepter de ne pouvoir lire les histoires comme lorsqu’il était enfant ; en devenant lui-même écrivain, il s’était condamné à ne plus faire que de la lecture-dissection. Maugham, non seulement commença par le séduire, mais le fit devenir de nouveau un enfant, ce qui était merveilleux. »

Top ten most disturbing novels.

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