Des deux côtés du col de Tende

De chaque côté du col de Tende, on a en particulier deux villes qui reflètent les différences entre les deux pays. Limone du côté italien, Saorge du côté français. Le site de Saorge est simplement fabuleux, mais le village est mal tenu, un peu triste, un peu abandonné, alors que Limone respire la gaîté, la propreté et le chic. C’est le Piémont vs les Alpes maritimes ; l’Italie, un pays Formule 1, , selon l’expression d’un spécialiste et ami, Jacques Fayette, vs la France, vivant sur son acquis, un acquis un peu délabré.

Limone 

Saorge 

Saorge, vu du Train des merveilles (Ligne de Tende). Monastère de Saorge.

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5 Réponses to “Des deux côtés du col de Tende”

  1. Hubi Says:

    Je serais moins définitif dans la formulation. Certes, Saorge est moins « léchée » que Limone, mais il faut considérer aussi la différence d’activité – et de vocation – entre les deux lieux. Saorge est authentique, villageoise, paysanne ; son monastère est simple et franciscain, il vit d’un jardin de légumes et de fruits (qui sont d’ailleurs servis à la table des stagiaires d’art qu’y accueille le Conseil Général) ; ses toits sont souvent encore de lauzes, ses ruelles sont trop abruptes pour que les touristes s’y établissent. Limone en revanche, construite sur un faux plat, est devenue une station de sports d’hiver qui vit des touristes et des sportifs. Ce n’est pas le même monde.
    C’est à Saorge que se termine Les particules élémentaires ; Michel H y a vécu dans un bistrot très modeste, on y fera des pèlerinages.

  2. JB Says:

    C’est vrai, je me disais ça aussi, que j’étais un peu injuste, le côté station de ski change beaucoup de choses. Mais j’ai trouvé quand même une impression générale de dynamisme et de gaieté plus grande du côté italien, partout, pas seulement à Limone, à Cuneo et Mondovi aussi par exemple. Le Piémont doit être la province la plus riche de la péninsule. Une impression un peu tristounette de laisser aller du côté français. Un sentiment diffus, mais bien réel.
    Et pour les Particules élémentaires, merci, j’avais complètement oublié ce détail, je vais aller voir ça.

  3. JB Says:

    Le livre est disponible sur le net, en entier, voilà le passage, c’est assez lugubre (j’aime bien « les photos de truites encadrées », toute l’ironie triste de Houellebecq), ça confirme un peu ce que je disais :
    « À Nice il descendit à l’hôtel Windsor, hôtel de demi-luxe d’une ambiance assez puante dont une des chambres a été décorée par le médiocre artiste Philippe Perrin. Le lendemain matin il prit le train Nice-Tende, renommé pour sa beauté. Le train traversa la banlieue nord de Nice, avec ses HLM d’Arabes, ses affiches de Minitel rosé et ses scores de 60 % au Front national.
    Après l’arrêt de Peillon-Saint-Thècle, il s’engagea dans un tunnel; à la sortie du tunnel, dans la lumière éblouissante, Djerzinski aperçut sur sa droite l’hallucinante silhouette du village suspendu de Peillon. Ils traversaient alors ce qu’on appelle l’arrière-pays niçois, des gens venaient de Chicago ou de Denver pour contempler les beautés de l’arrière-pays niçois. Ils s’engouffrèrent ensuite dans les gorges de la Roya.
    Djerzinski descendit en gare de Fanton-Saorge; il n’avait aucun bagage; on était à la fin du mois de mai. Il descendit en gare de Fanton-Saorge et marcha environ une demi-heure. À mi-parcours, il dut traverser un tunnel; la circulation automobile était inexistante. Selon le Guide du routard qu’il avait acheté à l’aéroport d’Orly, le village de Saorge, avec ses maisons hautes étagées en gradins, dominant la vallée en un à-pic vertigineux, avait «quelque chose de tibétain»; c’était bien possible. Toujours est-il que c’est là que Janine, sa mère, qui s’était fait rebaptiser Jane, avait choisi de mourir, après plus de cinq ans passés à Goa, dans la partie occidentale de la péninsule indienne.
    «Enfin elle a choisi de venir ici, elle n’a sûrement pas choisi de crever, corrigea Bruno. Il paraît que la vieille pute s’est convertie à l’islam – à travers la mystique soufie, une connerie de ce genre. Elle s’est installée avec une bande de babas qui vivent dans une maison abandonnée à l’écart du village. Sous prétexte que les journaux n’en parlent plus on s’imagine que les babas et les hippies ont disparu. Au contraire ils sont de plus en plus nombreux, avec le chômage leur nombre a considérablement augmenté, on peut même dire qu’ils pullulent. J’ai fait ma petite enquête…» II baissa la voix. «L’astuce c’est qu’ils se font appeler des néo-ruraux, mais en réalité ils ne glandent rien, ils se contentent de toucher leur RMI et une subvention bidon à l’agriculture de montagne.» Il hocha la tête d’un air rusé, vida son verre d’un trait, en commanda un autre. Il avait donné rendez-vous à Michel Chez Gihu, le seul café du village. Avec ses cartes postales cochonnes, ses photos de truites encadrées et son affiche de la «Boule saorgienne» (dont le comité directeur ne comportait pas moins de quatorze membres), l’endroit évoquait à merveille une ambiance «Chasse – Pêche – Nature – Tradition», aux antipodes de la mouvance néo-woodstockienne vitupérée par Bruno. Avec précaution, celui-ci sortit de son porte-documents un tract intitulé SOLIDARITÉ AVEC LES BREBIS BRIGASQUES! «Je l’ai tapé cette nuit… fit-il à voix basse. J’ai discuté avec les éleveurs hier soir. Ils n’arrivent plus à s’en sortir, ils ont la haine, leurs brebis sont littéralement décimées. C’est à cause des écologistes et du Parc national du Mercantour. Ils ont réintroduit des loups, des hordes de loups. Ils mangent les brebis!…» Sa voix monta d’un seul coup, il éclata brusquement en sanglots. Dans son message à Michel Bruno indiquait qu’il vivait de nouveau à la clinique psychiatrique de Verrières-le-Buisson, de manière «probablement définitive». Apparemment, donc, ils l’avaient laissé ressortir pour l’occasion.
    «Donc, notre mère est en train de mourir… coupa Michel, soucieux d’en venir au fait.» »
    Apparemment, c’est un site russe qui le met en ligne :
    http://a-kleber.narod.ru/mh/mh-particules.pdf

  4. jessica Says:

    J’habite a Saorge et je trouve aussi que notre village est un peu triste mais…. Limone l’est aussi non ?

    • JB Says:

      Vous trouvez ? Moi j’ai eu le sentiment que c’était plus léché, plus animé, plus gai. Mais je ne vis pas là-bas, j’y passe juste de temps en temps.

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