Une Allemagne rurale

 

Ces deux-là ont sauvé le monde au XXe siècle, rien de moins. Ils méritent bien d’avoir leur buste à Québec.
A la conférence de Québec, en 1944, White et Morgenthau, avec au début l’appui de Roosevelt, voulaient désindustrialiser complètement l’Allemagne. Les Anglais étaient contre, notamment Keynes et Churchill. L’opposition se fait vive, ironique et d’un humour ravageur de la part du premier, brutale et sans appel pour le second. A chacun son style, mais l’idée fut enterrée, et Roosevelt se rallia au bon sens.

Le dialogue sur la question devient vite surréaliste : « Keynes demanda à White comment les habitants de la Ruhr étaient censés survivre. White répondit qu’il y aurait forcément des files d’attente pour le pain (bread lines). Quand Keynes demanda si les Britanniques devaient fournir le pain dans leur zone d’occupation, White dit que le Trésor US le paierait, pourvu que ce soit ‘à un niveau très bas de subsistance’. Keynes : « Ainsi, pendant que les collines seraient transformées en terrain de jeu pour les moutons, les vallées seraient remplies de gens faisant la queue pour le pain. Comment je devais rester impassible devant ça… Je n’arrive même pas à l’imaginer. » » 

Churchill était également opposé au plan Morgenthau, contre lequel il s’élève violemment lors d’un dîner avec Roosevelt, au moment de leur rencontre à Québec en septembre 1944 : “Morgenthau received from Churchill, slumped in his chair, a ‘verbal lashing’ such as he had never had in his life ; Churchill’s condemnation as ‘un-Christian’ was one of the less sensitive epithets he used”. Le plan Morgenthau sera quand même adopté à la conférence de Québec, mais par la suite, sous la pression anglaise et celle du Département d’État américain, Roosevelt changera d’opinion et l’abandonnera. Québec marque ainsi le début du déclin de l’influence de Morgenthau et White. Comme le dit Churchill dans ses Mémoires : “With my full accord, the idea of ‘pastoralising’ Germany did not survive.

Plus de détails sur le plan Morgenthau ici. Voir également ces deux livres, qui relatent en détail l’incident durant la conférence : The Morgenthau Plan: Soviet Influence on American Postwar Policy, de John Dietrich, 2002 ; et A Changing of the Guard: Anglo-American Relations, 1941-1946, de Randall Bennett Woods, 1990

Le vieux Québec, seule ville fortifiée et au look européen en Amérique du Nord       

40 ans après, la maison du bvd St Cyrille (devenu bvd René Levesque)   et la maison du Lac Beauport   

La poutine, non, ou alors il faut avoir très faim 

A Montréal   

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Une Réponse to “Une Allemagne rurale”

  1. Salò « Le journal de Joli Rêve Says:

    […] les héros positifs, les âmes damnées. En plus, tout le monde savait en 1944 que la guerre était perdue, ce qui […]

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