Sur les terres du Cid

On est ici sur des terres longtemps disputées entre musulmans et chrétiens. La Reconquista a pris des siècles, du VIIIe au XVe, et le Cid, au XIe siècle, n’est qu’un épisode de cette longue guérilla. Une vie d’homme, entre 1043 et 1099, ne saurait suffire à rendre compte de toute cette histoire, pourtant le Cid symbolise l’entreprise. La Taïfa de Dénia s’étendait à cette époque jusqu’aux Baléares, elle était un de ces royaumes musulmans à une époque de division, mais les royaumes chrétiens étaient tout aussi divisés.

Dénia remonte à l’époque romaine, la ville a été nommée en l’honneur de Diane chasseresse, Dianum, qui a donné Dénia, Al-Dàniyya à l’époque arabe. C’est aujourd’hui une ville moyenne, peu connue hors d’Espagne, mais bien agréable. Le château est le témoin des luttes passées. La marina est super luxueuse et ultra moderne, les restaurants de luxe se succèdent les uns aux autres, et l’ensemble paraît relever d’une ville considérable, bien plus importante que Dénia, mais on est juste en face des Baléares, point de départ de nombreuses croisières.

          

Rodrigue et Chimène, vus par Anthony Mann

   

Raf Vallone est de la partie, il incarne le second que Chimène s’est choisie pour venger son père 

Le personnage du Cid et sa légende ont inspiré les auteurs français, depuis les classiques jusqu’aux romantiques, Corneille au XVIIe, Hugo au XIXe.

Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges ;
De notre sang au leur font d’horribles mélanges.
Et la terre, et le fleuve, et leur flotte, et le port,
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
Ô combien d’actions, combien d’exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu’il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !

Corneille, Le Cid, Acte IV, scène 3, extrait du récit de Rodrigue, Nous partîmes cinq cents

Rodrigue à Bivar, La légende des siècles :

Vous dominiez tout, grand, sans chef, sans joug, sans digue,
Absolu, lance au poing, panache au front. »

Rodrigue
Répondit : « Je n’étais alors que chez le roi. »

Et le scheik s’écria : « Mais, Cid, aujourd’hui, quoi,
Que s’est-il donc passé ? quel est cet équipage ?
J’arrive, et je vous trouve en veste, comme un page,
Dehors, bras nus, nu-tête, et si petit garçon
Que vous avez en main l’auge et le caveçon !
Et faisant ce qu’il sied aux écuyers de faire !

— Scheik, dit le Cid, je suis maintenant chez mon père. »

Le Cid a aussi un blog 

El Cantar del Mio Cid (Le chant de mon seigneur) est un classique de la littérature médiévale qui chante la légende. Le texte est à l’origine du castillan, la langue de l’Espagne d’aujourd’hui. Un épisode peu connu, relaté dans le chant, est celui où les filles du Cid sont battues et abandonnées par leurs maris. Ignacio Pinazo en a fait un tableau 

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2 Réponses to “Sur les terres du Cid”

  1. JB Says:

    « It is hard to remember a picture — not excluding Henry V, Ivanhoe, Helen of Troy and, naturally, Ben-Hur — in which scenery and regal rites and warfare have been so magnificently assembled and photographed as they are in this dazzler …The pure graphic structure of the pictures, the imposing arrangement of the scenes, the dynamic flow of the action against strong backgrounds, all photographed with the 70-mm. color camera and projected on the Super-Technirama screen, give a grandeur and eloquence to this production that are worth seeing for themselves … El Cid, played by Charlton Heston in his best marble-monumental style, is a figure of noble proportions who, of course, does no wrong, only right. »
    NYT

  2. JB Says:

    Victor Hugo mentionne la ville dans Ruy Blas (acte I, scène 3) :

    DON SALLUSTE, bas, aux alguazils.
    Vous allez suivre, alors qu’il sortira d’ici,
    L’homme qui compte là de l’argent. – en silence
    Vous vous emparerez de lui. – sans violence. –
    Vous l’irez embarquer, par le plus court chemin,
    à Denia. –
    Il leur remet un parchemin scellé.
    Voici l’ordre écrit de ma main. –
    Enfin, sans écouter sa plainte chimérique,
    Vous le vendrez en mer aux corsaires d’Afrique.

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