Guadalest

Quand les musulmans de la taïfa de Dénia ont commencé à perdre pied, ils se sont réfugiés à Guadalest, leur dernier bastion de la région, au XIIIe siècle. L’intérieur de cette province, avec son relief déchiqueté – à l’écart des côtes enlaidies par le tourisme de masse -, évoque la guérilla, les guet-apens, les pièges, entre maures et chrétiens. On s’attendrait presque, à chaque défilé, à voir surgir des soldats bleus, cimeterre au poing, face à des chevaliers du nord lourdement équipés sur leurs destriers. Un film assez récent avait retracé toute cette épopée, de manière poétique et esthétisée, en faisant des guerriers musulmans des preux nouant des relations d’amitiés avec leurs adversaires. Les acteurs étaient superbes, et on était bien loin des clichés hollywoodiens style cow-boys et indiens sous d’autres oripeaux. Impossible de retrouver le titre…

Quant à savoir pourquoi les musulmans ont été battus, après une conquête foudroyante en 711 et tant de siècles de présence, cela tient bien sûr au fait qu’à partir du XIe siècle on assiste à l’ascension de l’Europe et au contraire au déclin de la civilisation islamique. Les causes de ce déclin sont controversées.

Le village perché est aujourd’hui un petit musée en plein air, surplombant un lac artificiel.

           

La Casa Orduña, une maison noble au coeur du village, d’une famille basque au service du marquis de Cardona, possède une magnifique bibliothèque, pas aussi riche que celles-là, mais détenant quand même 1265 volumes 

La notice fournie à l’entrée décrit le fonds, dans un excellent français :

C’est sans nul doute l’ensemble le plus séduisant de la maison. Les livres présentent divers formats et types de reliure. Il s’agit d’une bibliothèque familiale qui compte trois époques essentielles. La première : dernier tiers du XVIIIe siècle, avec des thèmes qui reflètent l’effervescence politique, entre la convocation des Etats généraux en France et le soulèvement du capitaine-général Riego (1820) ; à une deuxième époque, ce furent les livres de caractère religieux, philosophiques et des classiques latins qui entrèrent ; et à une troisième (1850-1890) on relève de la littérature juridique.

Le guide Géo précise : « Une lettre du pape, affichée dans la bibliothèque, autorise Don Carlos de Orduña à posséder des ouvrages d’auteurs peu catholiques comme Spinoza, Condillac, Locke, Cabanis… »

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2 Réponses to “Guadalest”

  1. Claire Says:

    joli…

  2. michèle Says:

    Oui sympa ! De beaux et bons souvenirs à engranger….

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