L’Alhambra


Dale limosna, mujer, que no hay en la vida nada como la pena de ser ciego en Granada.
Francisco de Icaza 

L’Alhambra de Grenade est un des monuments les plus visités au monde, il faut dire que c’est aussi un des plus beaux, témoin d’un raffinement et d’un art de vivre extraordinaires. Il faut le mériter, la foule et les queues sont au rendez-vous, mais l’organisation est sans faille. La Cour des Lions est une pure merveille, hélas en pleins travaux lors de la visite.

            

Le Généralife (de Jannat al-Rif, paradis, jardin, et non un dérivé de général) est le palais d’été des princes nasrides, il s’agit de vivre là « une vie douce et agréable au milieu de jardins évoquant le Paradis musulman ». Il faut dire que c’est assez réussi, si ce n’était l’envahissement estival. Comme le dit Chateaubriand, dans Le dernier Abencérage :

Quelque chose de voluptueux, de religieux et de guerrier semblait respirer dans ce magique édifice, espèce de cloître de l’amour, retraite mystérieuse où les rois maures goûtaient tous les plaisirs et oubliaient tous les devoirs de la vie.

Dans la ville en bas, la cathédrale s’impose , sur ses murs on rend hommage à Primo de Rivera, le fils du dictateur des années 1920, créateur de la Phalange et auteur de son hymne, Cara al sol. Le sang rappelle son exécution en 1936  

Les Contes de l’Alhambra, de Washington Irving, se vendent partout dans les boutiques, dans les diverses langues des touristes, une bonne description en est donnée ici, même si l’auteur inverse le nom et le prénom de l’écrivain :

J’ai profité de mes (trop courtes) vacances de février pour me replonger dans celles de l’été dernier et revenir sur les Contes de l’Alhambra (1832, rééd. Phebus 2004), livre vendu en masse aux touristes étrangers qui parcourent l’Espagne musulmane et notamment Grenade, dont il est question ici. Ecrit par un homme de lettres, petit politique et diplomate de moyenne gamme, le recueil est aussi fascinant pour ceux qui ont visité les lieux que pour les autres. Il rassemble une vingtaine de contes ou récits plus ou moins légendaires et dignes des 1001 nuits, autour du royaume d’Al Andalus. Irving Washington, à qui l’on doit également la nouvelle Legend of Sleepy Hollow, ayant donné le film de Tim Burton, est surtout le premier écrivain américain moderne à entreprendre un tour initiatique de l’Europe. Jusqu’alors, le touriste était anglais et anglais surtout. Avec lui, c’est une tradition littéraire qui démarre dans laquelle se couleront plus tard Hemingway, Fitzgerald ou Burroughs, avec le succès créatif qu’on sait. La postérité américaine d’Irving Washington est d’ailleurs inversement proportionnelle à son aura française. Pour la petite histoire, et la grande déprime, on notera que Washington dormait, à l’époque, à l’intérieur de l’Alhambra, lequel ressemblait vaguement à un gîte d’étape désaffecté. De quoi réfléchir aussi à nos citadelles et bunkers touristiques, plantés bâtis sur l’Histoire en à peine 100 ans.

 

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