Nelson et ses femmes

Horatio Nelson (1758-1805) a trouvé femme à Nevis, Fanny Nisbet, épousée en 1787. Elle avait 26 ans et lui 29. 

Nelson était capitaine de vaisseau depuis 9 ans déjà ! Il s’est engagé dans la marine de guerre à 13 ans comme matelot, le futur amiral souffrira du mal de mer toute sa vie… En 1776, à l’âge de 18 ans, il attrape le paludisme aux Indes et met six mois à s’en remettre, mais les crises reviendront régulièrement. Il sera cependant capitaine, Master and commander, à vingt ans, sur le brick HMS Badger. A 25 ans, il séjourne en France, à St Omer, pour apprendre la langue, sans grand succès. Nelson doit son prénom à son parrain, Horace Walpole, l’auteur du Château d’Otrante, fils du Premier Ministre Robert Walpole, et inventeur du concept de sérendipité (le don de faire des découvertes heureuses par hasard).

Quand la guerre reprend avec la France révolutionnaire, en 1793, Nelson perdra un oeil lorsque les forces britanniques assiègent Calvi, mais la Corse est occupée par les Anglais en 1794. Il utilisera parfois son infirmité pour refuser d’obéir aux ordres, notamment de voir les fanions lancés par le navire amiral : You know, Foley, I have only one eye. I have a right to be blind sometimes. Nelson perd ensuite le bras droit en 1797 à la bataille de Ténérife, contre les forces espagnoles, refusant des soins pour continuer à se battre : Let me alone! I have got my legs left and one arm. La tentative sur les Canaries est un échec, il songe à se retirer, alors que ses deux grandes victoires (Aboukir et Trafalgar*) sont encore dans le futur : A left-handed Admiral will never again be considered as useful, therefore the sooner I get to a very humble cottage the better.

Mais c’est déjà un héros en Angleterre, ses blessures contribuant à la légende, il reçoit un autre commandement en Méditerranée, à la recherche de la flotte française de Bonaparte. Elle est détruite à Aboukir en 1798, grâce à une manoeuvre audacieuse des Anglais : les navires français sont ancrés à proximité d’un haut-fond, sur bâbord, se croyant ainsi protégés de ce côté. Mais Nelson lance sa flotte des deux côtés, malgré le récif proche, prenant en tenaille les bateaux de la République, et c’est un désastre pour les Français. Au retour, Nelson fait escale à Naples, c’est là qu’il rencontre Lady Hamilton la femme de l’ambassadeur anglais auprès du royaume. Ce dernier a près de soixante-dix ans, elle 32 ans, Nelson 39.  Ils rentreront à Londres à trois, formant un ménage, au grand scandale, et à la grande fascination de l’opinion. Emma Hamilton, née Amy Lyon, est une roturière, élevée dans la société par sa beauté et ses amants, finalement mariée à William Hamilton (1730-1803) avant de rencontrer Horatio. Elle mourra dans la misère et alcoolique à Calais en 1815, dix ans après la mort de son amant à Trafalgar. Ils auront une fille, Horatia, conçue en mer sur le Foudroyant, en 1800. Christian-Jaque en a fait un beau navet, en 1968, Les amours de Lady Hamilton, avec Michèle Mercier. Un autre film, tiré d’une pièce, sur le sujet : The Nelson Affair, 1973, titre alternatif : A Bequest to the Nation (Un don au pays), avec Glenda Jackson et Peter Finch.

Elle a été peinte par Elisabeth Vigée-Lebrun  et George Romney 

* Le navire amiral HMS Victory affiche alors la célèbre formule de Nelson sous forme de pavillons, England expects that every man will do his duty 

Les romans de C.S. Forester , autour du personnage de Horatio Hornblower, s’inspirent en partie de cette histoire. Lady Barbara Wellesley jouant auprès de Hornblower le rôle d’Emma. Cette saga sur les guerres de la Révolution et de l’Empire a eu un succès énorme dans le monde anglo-saxon, elle est parue en français chez Phébus et en poche. Le nombre de romans, limité à une douzaine, donne un côté précieux à cette oeuvre, un peu comme les Tintin. Le monde de Hornblower a d’ailleurs fait l’objet de multiples publications annexes, comme pour Hergé. On peut suivre par exemple les exploits du Midshipman, du Lieutenant, du Commodore, du Lord finalement, en détail grâce à des cartes, des biographies, des analyses diverses. Un film (avec Gregory Peck dans le rôle) et une série ont également été tournés. Mais rien ne vaut les  livres, leur originalité tient à la qualité des scénarios, et aussi aux traits du personnage : Hornblower est plutôt un anti-héros, complexé, tourmenté, doutant constamment de lui, sujet au mal de mer (comme son grand modèle).

Patrick O’Brian s’est inspiré de Forester et Hornblower pour ses romans du même type, autour du personnage de Jack Aubrey,  dont Peter Weir a fait une superproduction, Master and Commander. Mais le héros réel ici est plutôt le personnage historique Thomas Cochrane, aventurier, amiral et homme politique, une vie fabuleuse. Cochrane à Rio, musée naval.

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3 Réponses to “Nelson et ses femmes”

  1. Hubi Says:

    Ajoutons, pour compléter la description de la légendaire affection des britanniques pour H. Nelson, que le Victory, qui est mouillé à Portsmouth, est entretenu par la Navy avec un soin maladif ; il est l’objet du pélerinage de nombreuses école. Hommage ultime, il dispose encore aujourd’hui d’un équipage complet, officiers et marins « d’active », bien qu’il ne navique évidemment plus.

    Le Victory est aussi à l’origine d’une expression anglaise qui le fait ressembler à ce qu’est le « couteau de Jeannot » pour les Français (ce couteau qui n’a plus la même lame et dont on a changé le manche) : toutes les pièces du bateau ayant été changées, ce Victory… n’est plus le Victory.

    Lors de la visite on fait voir l’endroit, au pied du grand mât, où HN reçut le boulet mortel (il est revenu de bataille, – encore un ! – dans un tonneau de rhum. Je vois la tête des matelots). On montre aussi son lit, qui semble fait pour un tout petit enfant. Je sais qu’à l’époque on dormait presque assis, mais je serais curieux de connaître néanmoins sa taille…

  2. JB Says:

    C’est un fait peu connu, mais on a gagné 20 à 30 cm en deux siècles. Les gens qui ont fait la Révolution ne dépassaient guère 1,50 m.

  3. Dans l’œil du cyclone | Le journal de Joli Rêve Says:

    […] Nelson et ses femmes […]

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