Virgin Gorda

Un nom superbe, Virgin Gorda, mélange d’espagnol et d’anglais, pour la deuxième grande île des BVI. C’est Colomb qui l’a ainsi nommée (Virgen Gorda, la grosse vierge, nom déformé ensuite en virgin). Les Espagnols se sont assez vite désintéressés de ces îles (ils avaient trop de possessions !), qui du coup sont devenues des repaires de boucaniers au XVIIe, la grande époque des pirates des Caraïbes. A la fin du siècle, les marines de guerre des grandes puissances, la Royale et la Navy notamment, ont commencé à nettoyer les Antilles, les pirates ont été pourchassés, emprisonnés, pendus, fusillés, déportés. C’est pendant cette période que les Îles Vierges sont devenus anglaises (et danoises pour les futures USVI). Les survivants des Frères de la côte sont alors allés se réfugier dans des endroits plus sauvages, notamment l’océan Indien. Ils ont traversé des océans et au XVIIIe siècle, on les a retrouvés autour de Madagascar, comme dans le cas de Libertalia, dans la grande baie de Diego Suarez, bien placée pour attaquer les navires sur la route des Indes. Le même processus s’est réalisé ensuite au XIXe avec la colonisation de l’Afrique et les pirates ont été une fois de plus éliminés. Jusqu’à ce qu’ils resurgissent aujourd’hui, autour de la Somalie, avec à nouveau les flottes de guerre prêtes à intervenir.

A Madagascar, longtemps disputée entre Français et Anglais au XIXe, un deal a finalement été conclu, les Britanniques laissant le champ libre aux Français en échange de Zanzibar. Le général Joseph Gallieni va pacifier et équiper le pays entre 1896 et 1905, notamment avec la construction du TCE (ligne de chemin de fer Tananarive-Côte-Est, jusqu’à Tamatave), mais aussi les routes, les écoles, les hôpitaux, l’Institut Pasteur, etc. Un grand homme, ce Gallieni, rappelons que c’est lui qui a évité que 1914 se transforme en nouvelle guerre de 1870, avec une victoire allemande rapide. C’est la bataille de la Marne, l’utilisation des taxis parisiens en masse pour acheminer les troupes sur le front, les fameux taxis de la Marne, intuition géniale de Gallieni, qui a permis d’arrêter la vague allemande, et de commencer la guerre longue, la guerre de tranchées.
On pourrait imaginer une uchronie, où il n’y aurait pas eu de Gallieni ni de victoire de la Marne, et supposer ce qu’aurait été le XXe siècle : pas de tuerie interminable dans les quatre ans qui vont suivre, pas d’Alsace-Lorraine française, pas de révolution d’Octobre, pas d’URSS ni de Goulag, pas de colonies françaises en Afrique (elles seraient devenues allemandes), pas de Deuxième Guerre mondiale, donc pas de Hitler et pas de Shoah, une domination allemande sur l’Europe, avec une Allemagne allant de Metz à Kiev, un rôle moindre des Etats-Unis face à un empire allemand (le IIe Reich de Bismarck et Guillaume II, et ses descendants) triomphant…

Il y a deux endroits remarquables ici, The Baths, accumulation de rochers énormes sur une plage de sable blanc et d’eaux cristallines, et le North Sound, ou Gorda Sound, une immense baie au nord, superbe port naturel, avec des resorts de luxe comme Bitter endSaba rock ou Biras Creek. Sound signifie bras de mer en anglais, comme le dit Wikipedialarger than a bay, deeper than a bight, and wider than a fjord. 

      

Un mauvais souvenir, à Leverick bay, premier arrêt dans le Sound :

   

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