Naviguer aux Bahamas

Pour aller de Miami à Nassau, il faut 35 minutes en avion, mais pour faire le trajet en voilier, compter trois jours… Deux petits archipels facilitent les choses, permettant des escales idéales, les Berry Islands, et les Bimini. Environ huit heures pour aller de Nassau aux Berry islands, quinze heures pour Berry-Bimini, et huit heures encore pour Bimini-Miami. Chaque tronçon présente des caractéristiques différentes. Le premier est le plus facile, court et en haute mer (bleu foncé sur la carte). Le deuxième pose un problème car il faut traverser sur environ 70 milles le Bahama Bank (bleu clair), avec peu de fond, et une journée ne suffit pas, il est déconseillé de naviguer de nuit sur le banc. Comme on le voit sur la carte, on a d’abord 15 milles en haute mer, vers le rétrécissement à l’ouest des Berry islands, puis le banc. Il faut donc faire la première partie de nuit, et calculer son coup pour arriver au lever du jour au début du banc, soit partir vers 4h du matin, faire deux à trois heures vers l’ouest en haute mer, puis tomber vers 7h sur le banc, avec douze heures devant soi pour le traverser, et atteindre les Bimini aux alentours de 19h.
Naviguer en juin présente des inconvénients ici, il pleut beaucoup, il y a des orages, c’est la saison des cyclones qui commence, et il fait très chaud. Mais en contrepartie on a les jours les plus longs de l’année, le soleil disparaît après 20 heures, ce qui est peu fréquent sous les tropiques, celui du Cancer passe par ici, exactement à George Town.

Le dernier tronçon pose encore un autre problème, le Gulf Stream, il est assez court, 40 milles, on fait ça dans la journée, mais il faut compter avec 3 à 4 noeuds de courant poussant le bateau vers le nord. Autrement dit il faut prendre un cap bien en dessous de Miami, et compter sur la dérive pour y arriver. Le bateau avance en crabe durant toute la traversée, l’objectif n’est pas en face, dans l’axe du bateau, mais carrément sur le flanc tribord. On voit les gratte-ciel à mi-chemin, mais pas sur la proue, sur le côté, et ils grossissent peu à peu et se rapprochent, avec un bateau à 45° de son but, sensation peu habituelle.

Et puis il y a les hauts fonds, on touche souvent aux Bahamas, le fond dans les chenaux remonte souvent à 1,50 m, 1 m, il faut s’arrêter très vite, faire demi-tour, trouver la passe, c’est un peu stressant. Dans le chenal vers la première marina des Berry, premier problème, passage très peu profond. Si on est à marée descendante et qu’on s’échoue, on est bon pour attendre une dizaine d’heures… A marée montante ça va. A l’entrée d’Alice town, aux Bimini, même problème, banc de sable non signalé dans la passe, on a failli se faire coincer.

Les Berry islands sont peu connues, rien à voir avec des noms aussi évocateurs que Great Abaco, Exuma, Bimini et surtout Eleuthera. Rien que le nom, Eleuthera, donne envie d’y aller, on s’attend à une espèce d’Arcadie tropicale, remplie de pâtres grecs égarés jouant de la flûte et de philosophes chenus et barbus répandant la sagesse antique. Rien de tel évidemment, juste une autre île un peu abandonnée sans doute, comme tant aux Bahamas, mais on ne l’a pas vue, ce sera pour une autre fois… Au sud des Berry, il y a deux marinas sur Chub cay, la première très simple, avec des bouées et un restau, la seconde luxueuse, aux trois quarts vide en cette saison. On peut mouiller devant, à l’extérieur, c’est moins cher (même gratuit !), et plus facile pour partir dans la nuit.

     

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