Albert Londres en Palestine


BD de Berthelot et Révillon

En visitant le camp des Milles à Aix, antichambre de la déportation dans le Midi de la France en 1940-42, on tombe sur des extraits de journaux de l’époque, et notamment cet article d’Albert Londres, en octobre 1929, à propos des massacres d’Hebron et Safed. Juste après le krach de Wall Street.

  

Une cinquantaine de juifs et de juives s’étaient réfugiés hors du ghetto, à la Banque anglo-palestinienne, que dirigeait l’un des leurs, fils du rabbin Slonin. Ils étaient dans une pièce. Les Arabes, les soldats du grand mufti, n’ont pas tardé à les renifler. C’était le samedi 24 à 9h du matin. Ayant fait sauter la porte de la banque… Mais voici en deux mots : ils coupèrent des mains, ils coupèrent des doigts, ils maintinrent des têtes au-dessus d’un réchaud, ils pratiquèrent l’énucléation des yeux. On scalpa un rabbin tandis qu’il recommandait à Dieu ses juifs. On emporta la cervelle. Sur les genoux de Mme Sokolov, on assit tour à tour six étudiants de la Yeschiba et, elle vivante, on les égorgea. On mutila les hommes. On outragea en même temps filles et mères de treize à soixante-cinq ans !
Mme X… est à l’hôpital de Jérusalem. On a tué son mari à ses pieds, puis saigné son enfant dans ses bras. « Toi, tu resteras vivante… » lui répétaient ces hommes du vingtième siècle ! Aujourd’hui, elle regardait par la fenêtre, d’un regard fixe et sans larme !

Un livre regroupe les écrits de Londres sur les communautés juives en Europe et en Palestine. Le texte repris y est un peu différent. Un article du Monde le cite aussi.

Le site Mémorial des Milles vient d’ouvrir (septembre 2012), c’est un investissement considérable, un vaste musée qui fait appel aux techniques les plus modernes, dans les locaux mêmes du drame, ce qui ajoute au poids de l’évocation. Il tient son rang, à côté des autres grands musées sur l’holocauste, à Berlin ou à Washington.

Pierre Assouline, rédacteur d’un blog littéraire très connu, a écrit une biographie d’Albert Londres, le soir même à Aix, coïncidence, on allait le voir donner une conférence à Sciences Po (appelée pompeusement ‘master class‘). En fait, l’auteur présentait son dernier livre, sur un espion français pour le KGB.

 

Un site avec des textes de Londres.

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