Mannahatta

Ce sont des ponts tressés en fer
Jetés, par bonds, à travers l’air;
Ce sont des blocs et des colonnes
Que dominent des faces de gorgones;
Ce sont des tours sur des faubourgs,
Ce sont des toits et des pignons,
En vols pliés, sur les maisons;
C’est la ville tentaculaire.

Emile Verhaeren, La ville*, dans le recueil Les campagnes hallucinées, 1893

Peu après le décollage, sur un vol New York (La Guardia)-West Palm Beach, la ville, Manhattan et la baie. On voit bien l’Empire State Building, Central Park, Brooklyn Bridge, le nouveau World Trade Center et la statue de la Liberté. L’occasion de se rappeler le poème de Walt Whitman, dans Leaves of Grass, Mannahatta :

I was asking for something specific and perfect for my city,
Whereupon lo! upsprang the aboriginal name.

Now I see what there is in a name, a word, liquid, sane,
unruly, musical, self-sufficient,
I see that the word of my city is that word from of old,
Because I see that word nested in nests of water-bays, superb,
Rich, hemm’d thick all around with sailships and
steamships, an island sixteen miles long, solid-founded,
Numberless crowded streets, high growths of iron, slender,
strong, light, splendidly uprising toward clear skies,
Tides swift and ample, well-loved by me, toward sundown,
The flowing sea-currents, the little islands, larger adjoining
islands, the heights, the villas,
The countless masts, the white shore-steamers, the lighters,
the ferry-boats, the black sea-steamers well-model’d,
The down-town streets, the jobbers’ houses of business, the
houses of business of the ship-merchants and money-
brokers, the river-streets,
Immigrants arriving, fifteen or twenty thousand in a week,
The carts hauling goods, the manly race of drivers of horses,
the brown-faced sailors,
The summer air, the bright sun shining, and the sailing clouds aloft,
The winter snows, the sleigh-bells, the broken ice in the
river, passing along up or down with the flood-tide or ebb-tide,
The mechanics of the city, the masters, well-form’d,
beautiful-faced, looking you straight in the eyes,
Trottoirs throng’d, vehicles, Broadway, the women, the shops and shows,
A million people—manners free and superb—open voices—
hospitality—the most courageous and friendly young men,
City of hurried and sparkling waters! city of spires and masts!
City nested in bays! my city!

     

Un site d’étudiants iraniens, consacré à la littérature française, cite le poème de Verhaeren, parmi beaucoup d’autres sites bien sûr, mais cet hommage à la littérature francophone, venu de si loin, est émouvant. Walt Whitman, célébré abondamment dans la série récente Breaking Bad, aurait influencé Verhaeren.

Le waterway, un peu plus bas  

Autres vues d’avion sur le blog : la Dalmatie, Marmaris, Venise.

* Variante :

Ce sont des ponts musclés de fer,
Lancés, par bonds, à travers l’air ;
Ce sont des blocs et des colonnes
Que décorent Sphinx et Gorgones ;
Ce sont des tours sur des faubourgs ;
Ce sont des millions de toits
Dressant au ciel leurs angles droits :
C’est la ville tentaculaire.

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Une Réponse to “Mannahatta”

  1. JB Says:

    Mannahatta.

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