Sea of Abaco

Encore la plus belle plage du monde, une des dix en tout cas… Mais cette fois-ci, c’est vrai, il y a quelque chose d’unique ici, on est saisi, on a rarement vu ça. Ce ne sont pas les cocotiers qui ploient dans tous les sens, comme au Brésil ou à Mada, ou qui s’alignent comme des soldats géants à la parade, non, la végétation est réduite, à Treasure Cay. C’est la qualité incroyable du sable, blanc et super fin, et la nuance des eaux, s’étalant du turquoise à l’émeraude, en passant par tous les dégradés du bleu et du vert. Et des eaux calmes, très calmes, on est sur la mer d’Abaco.

Une mer intérieure, protégée des fureurs de l’Atlantique par un chapelet d’îles, les cays, elles-mêmes protégées face à l’océan par des récifs coralliens. D’où une autre surprise, la Sea of Abaco, à la différence du reste des Bahamas, où on ne voit pas grand-monde, est un coin où on navigue, les îles Vierges en plus petit, et tous les loueurs, Moorings, Sunsail, etc., sont là, à Marsh Harbour notamment. Avis aux amateurs…

Très joli nom, Abaco, ça vient de Habacoa, déformation espagnole d’un terme taïno voulant dire site élevé, quoique on voit mal les hauteurs ici, tout est plat comme la main :

Quoi qu’il en soit, les noms des différentes îles des Bahamas ont indiscutablement des rapports avec la langue des Tainos, chacun d’eux retrouvant un sens en Taino. Ainsi « Habacoa », l’île Abaco, en taino « Habacani » signifie « village » et « Habacoa », lieu élevé. Habacoa serait donc l’île du village élevé, protégé.

Après Treasure Cay il y a Marsh Harbour, très beau mouillage, des marinas, mais ville moche, et la surprise de Hope Town, en face, plus beau village des Bahamas sans doute, aux dires d’un Américain qui vit là et qui nous a pris en stop, au retour du ferry. Difficile de rentrer dans le mouillage de Hope Town avec six pieds (1,80m) sous la coque, d’où la balade en ferry au petit matin.

Puis retour en sens inverse, par le Whale Cay passage, sujet aux « rages » (il faut sortir dans l’océan, pas possible au delà de 4 pieds (1,20m) de tirant d’eau de rester à l’abri dans la mer d’Abaco, et quand il y a de la houle, ça balance dans tous les sens, mais pour nous, les deux fois, c’était calme), puis Manjack Cay (mouillage pour la nuit), Pensacola Cay, Fox Town* (idem, une nuit, rencontre avec un bateau français, Banane, de Bilé et Marie-Christine, de Vallauris, elle championne du monde de 420 dans les années 1980), et enfin une nuit encore à Great Sale Cay dans un désert total.

Et enfin, 24 h de mer pour finir le banc, de jour, et retraverser le Gulf Stream, de nuit, jusqu’à Palm Beach. Vent du sud qui aplatit la mer, car avec le courant de 3 à 4 noeuds vers le nord en permanence, le Gulf Stream est impraticable avec un vent contraire au courant. Mais c’est comme tout, on apprend, on s’adapte, aux hauts fonds, aux bancs de sable qui font remonter le fond à 1,50m, 1,20m tout d’un coup, avec l’alarme du sondeur qui bipe à tout va, noeud aux tripes et serrement au coeur garantis, aux courants, aux marées, aux passes étroites, aux fronts, au canal, etc.

C’est là, sur le banc, qu’on apprécie une chose extraordinaire propre aux Bahamas, naviguer dans une immensité, pas de terres en vue, ou alors très loin, dans trois à quatre mètres d’eau en permanence, et sans grande vague, le plateau casse la houle. Ce qui fait qu’on peut mettre l’ancre n’importe où, avec l’impression d’être en pleine mer. D’ailleurs on rencontre des voiliers qui s’arrêtent ainsi pour la nuit, impression étrange. On pense aux questions des néophytes, « Ah, vous avez traversé l’Atlantique, mais comment vous faites la nuit, vous mettez l’ancre ? » C’est cela, oui… Mais ici, c’est possible !

Vue générale de Marsh Harbour ici.

* Fox Town, au bout nord d’Abaco, est un village assez désolé, les Bahamas sans le tourisme, avec un mouillage plutôt pittoresque, mais loin du patelin.

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2 Réponses to “Sea of Abaco”

  1. Caro Says:

    Non seulement Captain’jack a fait le bonheur de son équipage sur ces eaux turquoises, mais encore, attentif au vieux marins gâteux, il leur prépare un récit clé en mains qui leur donne du grain maritime à moudre dans les soirées Bobos parisiennes où l’on boit bio et mange équitable. Au nom de tous les Bobos enchantés, merci Captain’jack!

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