Conrack and co

Conrack, tiré de The Water is Wide

Le grand auteur du coin, en Caroline du Sud, est Pat Conroy, on trouve ses bouquins partout, il a écrit un bon nombre de bestsellers qui se passent par là, dans les Sea Islands, dont on a tiré des films. On avait été voir celui-là, dans les années 1970, l’histoire d’un instituteur envoyé dans une de ces îles perdues enseigner aux enfants noirs à l’écart de tout, de familles de Gullah. Les Gullah sont les Africains-Américains ayant le plus conservé leurs racines africaines du fait de leur isolement, leur langue même est un créole mélange d’anglais et de diverses langues africaines. Le film est superbe, on en ressort ému aux larmes, Jon Voight est formidable dans le rôle. Une scène notamment est très belle, c’est quand il essaie d’expliquer la 5ème symphonie de ‘Becloben’ aux enfants (celle de cet extrait), Pom, pom, pom, pom… A la fin du film, quand l’instit est renvoyé pour ses méthodes un peu trop originales, les enfants viennent sur le débarcadère avec un vieux tourne disque, avec cette musique. Émotion garantie.

Le film est de Martin Ritt, un vieux routier d’Hollywood, dans les thèmes politiques et sociaux, auteur notamment d’un très beau film sur une grève, avec Sally Field en meneuse des ouvrières exploitées. Norma Rae, superbe. Un autre, avec Woody Allen, mais pas de Woody Allen, traite du mccarthysme. Allen joue le rôle d’un prête-nom persécuté par le comité des activités anti-américaines. The Front, très fort également.

The Great Santini

Le deuxième film, tiré du roman au même titre de Pat Conroy, est inédit en France. Il raconte l’histoire d’un pilote de Phantom, « un guerrier sans guerre », et ses démêlés avec sa famille. C’est le portrait d’un homme, très réussi, magnifiquement interprété par Robert Duvall. Ça se passe à Beaufort, Caroline du Sud. Une scène d’anthologie, qu’on peut passer et repasser sans jamais se lasser, est celle qui figure ici, où Duvall, le grand Santini, fait un scandale au milieu d’un dîner chic, de gradés collet monté. Un peu à la manière de Hair, la grande scène du repas chez les riches, perturbé par Treat Williams, hippie iconoclaste : I got life.

The Prince of Tides

Le dernier film est celui qui évoque le mieux ces îles de la mer de Caroline, on y voit bien le milieu naturel, les crevetiers, la vie locale, les maisons isolées, l’eau partout, etc. Le prince des marées est un mélo à la Douglas Sirk, tiré aussi d’un roman de Conroy. Le metteur est scène est Barbra Streisand, qui joue aussi bien sûr, en psy new-yorkaise, ‘Lowenstein’, confrontée à Nick Nolte, southerner de Caroline, avec tous les contrastes qu’on peut imaginer. Nolte a été victime d’un traumatisme épouvantable dans son enfance, sa famille est sur le point de se briser… Une double histoire d’amour, traitée de manière un peu sirupeuse par Streisand, sans doute plus à l’aise en actrice qu’en cinéaste.

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2 Réponses to “Conrack and co”

  1. jycaro Says:

    Merci pour la découverte de Ritt, de The Front, etc. Magic touch of this journal : sea and culture. So unique!

    • JB Says:

      Merci, ‘Conrack’, le film, est méconnu, un classique pourtant. Quant au grand Santini, il n’est même pas sorti en France, trop local, trop Amérique profonde peut-être.

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