Histoire et mythes

John Martin est un peintre romantique inspiré par la Bible, ici le Déluge.  Yale Center for British Art

De la Sibylle de Cumes, on ne se souvient pas de grand-chose, à part le nom, Sibylle de Cumes… Ce tableau de Turner, qui n’a pas peint que des marines estompées, est l’occasion de se rappeler du mythe. On voit ici Énée, comme Virgile le raconte, devant le lac Averne, près de Naples (à l’époque dans la Grande Grèce s’étendant à l’Italie du Sud), qui va être conduit aux Enfers pour y rencontrer son père. L’histoire de la Sibylle vaut la peine d’être relatée aussi, elle avait promis ses faveurs à Apollon – le seul dieu qui a le même nom en grec et en latin* – s’il lui accordait autant d’années de vie que sa main pouvait contenir de grains de sable… Comme elle revint sur sa promesse, en se refusant au dieu, il la condamna à vivre ses mille années, mais en vieillissant toujours un peu plus, alors que bien sûr elle imaginait le vœu en conservant ses vingt ans ! Son souhait le plus cher devint alors : « Je veux mourir »…

Dans la dernière année de sa vie, en 1828, à 26 ans, Richard Parkes Bonington, peint cette rue de Vérone, la ville de Roméo et Juliette, où passe une procession catholique. Les personnages aux fenêtres rappellent le passé Renaissance de la cité. Bonington, comme beaucoup d’Anglais, était fasciné par le rite catholique. Lui-même appartenait aux Unitariens, c’est-à-dire ceux qui ne croient pas à la Trinité, donc qui ne croient pas que Jésus est un dieu, mais simplement un homme envoyé par Dieu, un prophète. Attention, ça se complique… Il y a plein d’unitariens célèbres, de Newton à Monod, de Thomas Jefferson à Albert Schweitzer, en passant par Dickens ou Melville. 1828 est aussi l’année de l’émancipation des catholiques en Grande-Bretagne.

Henri VIII et sa famille. Le roi aux six femmes a régné de 1509 à 1547 ; à sa gauche sur cette peinture d’un artiste inconnu son fils Edouard VI, de santé fragile (1547-1553), à sa droite sa fille Marie Tudor, fille de Catherine d’Aragon et du coup catholique, qui a régné de 1553 à 1558 en persécutant les protestants du royaume (d’où son surnom, Bloody Mary). A la gauche du roi aussi, la reine Elizabeth Ière, la grande Elizabeth, qui établit l’anglicanisme, elle est la contemporaine de Shakespeare et règne 45 ans (1558-1603). Elizabeth est la fille d’Ann Boleyn, que son père a fait décapiter en 1536. On connaît un peu mieux les démêlés du roi avec sa cour, ses femmes et les relations intérieures et extérieures grâce à la fameuse série TV, Les Tudors.
Philippe II d’Espagne figure aussi sur l’allégorie, comme époux de Marie Tudor, à une époque où les deux pays se rapprochent. Les relations se gâtèrent ensuite, avec Elizabeth Ière, L’invincible armada, etc., en 1588. Philippe II a eu aussi des mariages compliqués : il épouse par exemple sa nièce en 1570 en quatrièmes noces (à 43 ans, elle en a 21), avec laquelle il aura cinq enfants ! Consanguinité à l’origine de la déchéance de la dynastie aux siècles suivants.

Le grand incendie de Londres de 1666, vu à l’époque comme un événement biblique, tel le déluge, est représenté ici par un peintre inconnu. C’est la prison de Ludgate qui est au premier plan, et au fond, l’ancienne cathédrale de St Paul, qui sera détruite par le feu et remplacée par celle de Christopher Wren en 1710, 35 ans après le début des travaux.

* Une liste des dieux plus complète.

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