L’Opéra des Gueux

Une des scènes finales du Beggar’s Opera de John Gay, qui conquit Londres en 1728 (« took London by storm »), représentée par William Hogarth. Produit par John Rich, l’opéra « made Rich gay and Gay rich ».
On y voit Macheath enchaîné, à la prison de Newgate, avec ses deux femmes (il est bigame), Polly Peachum et Lucy Lockit, qui supplient leurs pères, pour l’une un gardien (avec les clés) et l’autre un policier, de se parjurer et ainsi de l’épargner. Parmi les spectateurs, sur la scène même (comme il était de coutume à l’époque pour les grands personnages), le duc de Bolton, dont une actrice (Lavinia Fenton, dans le rôle de Polly) était la maîtresse ; il est représenté sous la statue d’un satyre lascif… Lavinia a fini duchesse, en épousant son vieux duc à Aix-en-Provence.

La grande originalité de la pièce est que les truands et les bandits y ont des manières de gentlemen, alors que les personnages supposés respectables, notables et autres, se conduisent comme des voyous. L’influence de Swift et de son cynisme est claire.
Bertolt Brecht reprendra l’histoire fidèlement dans l’Opéra de Quat’sous, en gardant les noms des protagonistes, mais en déplaçant l’action d’un siècle, au moment du couronnement de la reine Victoria (1838). La musique par contre a été complètement changée par le grand Kurt Weill.

Le tableau, peint par Hogarth en cinq versions, est au Yale Center for British Art, mais aussi à la Tate Gallery à Londres.

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