La Renaissance au Ringling

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Énorme musée constitué des collections de John et Mabel Ringling, dans le parc même du palace du roi du cirque. Une richesse qui appartient à la ville de Sarasota maintenant et disponible à tous, les fortunes extravagantes et le mécénat ont du bon !

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Le musée est tellement vaste qu’il faut là aussi, si on veut en présenter quelques éléments, découper par époque. Et d’abord des œuvres de la Renaissance.

On peut commencer par le plus grand, Titien, qui peint ici en 1550 Roxelane, la sultane rousse, épouse de Soliman le magnifique. L’Empire ottoman est à son apogée, après le XVIe, ce sera un long déclin.

Roxelane

Nicolas Bollery - Les Acteurs (vers 1595-1605)Deux prostituées gitanes volent un Zanni (acteur bouffon), l’une détourne son attention tandis que la main baladeuse de l’autre se glisse vers sa bourse… Nicolas Bollery, 1595

Allégorie du feu, Jacopo Bassano Allégorie de l'eau, Jacopo BassanoAllégorie du feu, Allégorie de l’eau, Jacopo Bassano, vers 1585.

In this period, the elements were used not only to represent physical properties, but human temperaments as well. Fire represented the choleric type, water the phlegmatic, earth the melancholic, and air the sanguine.

Sur le premier tableau, on voit Héphaïstos dans sa forge (Vulcain pour les Romains), qui avait l’énorme avantage d’être l’époux d’Aphrodite (Vénus), ce qui n’est certes pas donné à tout le monde, Vénus, qu’on voit également sur le tableau.  A droite, l’eau est représentée par une scène de village de pêcheurs, avec Poséidon (Neptune) sur son char, dans le fond.

Judith et Holopherne Judith et la tête d’Holopherne par Fede Galizia, peintre de la Renaissance. Il y en a eu tellement des Judith et Holopherne, la plus spectaculaire étant celle du Caravage (âmes sensibles s’abstenir), mais celle-là est intéressante parce que le peintre est une femme, une des rares de l’époque. Abra, la domestique de Judith, cherche la sortie…

Esther et XerxèsUne autre héroïne juive est Esther, elle est peinte ici par Antonio Palma en 1574 face à Xerxès Ier, le grand roi achéménide, celui des Thermopyles et de Salamine*, Xerxès, alias Assuérus. Elle sauve son peuple d’une extermination en plaidant auprès du roi, la scène est transposée à Venise au XVe, Henri III remplace Assuérus et Venise (qui cherche l’appui du roi de France contre Philippe II d’Espagne) Esther :

Henri was then rowed to the Lido with the Doge and passed under a triumphal arch designed by Palladio and painted by Veronese and Tintoretto. During the next week he was kept entertained by continuing banquets, jewels, dances etc. He visited Titian (97 years old) and posed for Tintoretto. He even enjoyed the favors of Venice’s most sought after courtesan, Veronica Franco – he was given miniatures of the famous courtesans in order to make his selection.

Palma, Esther et Assuérus Esther – dont le nom vient d’Ishtar, déesse de l’amour et de la guerre chez les Sumériens, les Babyloniens et les Assyriens – était la reine, choisie par Xerxès après qu’il ait répudié la précédente, Vashti, qui avait refusé de se déshabiller devant ses hôtes (!). Mais Xerxès n’était pas un Hitler de l’Antiquité :

Ahaseurus (Xerxès) had recently disposed of his wife, Queen Vashti. She had displeased the King by refusing to strip down for his guests. Ahaseurus needed a new wife and he called upon all the virgins in Persia to present themselves at the palace.
Esther was extremely beautiful and Ahaseurus chose her to be his Queen. Esther moved away from her Jewish community and into the palace. Mordecai advised her not to admit to her Jewish heritage because he was unsure of the king’s sentiments towards the Jews. […]

Esther informed the King of the Haman’s plot to destroy the Jewish people (to which she belonged) and pleaded that they should be spared. The king ordered that Haman should be hung on the scaffold he had prepared for Mordecai, and the Jewish people were spared. He and his sons were executed on the 14th day of Adar, the day Haman had set aside to slaughter the Jews.

The fathers of the Church considered Esther as a type of the Blessed Virgin Mary. The book of Esther found a place in the Christian canon of the Old Testament. A great many of the early fathers considered the book inspired. While the Jewish community sees it as a festival of freedom. The story affirms the importance of a single women in the history of Israel. The holiday today is called « Purim » and is usually celebrated by people dressing in costume and sounding noisemakers when Haman’s name is read. It is a festival that represents hope to oppressed people, no matter how desperate the circumstances. It also tells a tale of Jews using political connections and skill to survive. The custom of masquerading on Purim was first introduced by Italian Jews about the close of the 15th century under the influence of the Roman carnival.

* Les films genre BD, 300 et sa suite, représentent les Perses sous le jour d’une masse aveugle guidée par des tyrans sanguinaires, tandis que les Grecs sont l’essence de la civilisation occidentale et démocratique naissante. C’est évidemment un raccourci très simpliste – en en rajoutant même sur un anachronisme idiot faisant des Perses des sortes d’islamistes -, puisqu’ils représentaient à l’époque une civilisation raffinée et étaient un peuple de commerçants, de législateurs, d’artistes et de bâtisseurs. En témoignent des noms symboles de cette grandeur, qui ont traversé les siècles, comme Cambyse, Cyrus, Darius, Xerxès ou Artaxerxès.

Salomé et St Jean Baptiste Une autre tête coupée, celle de St Jean Baptiste demandée par Salomé à Hérode, on est maintenant dans le Nouveau Testament, tableau du Pordenone, 1520 ??????????????????????????????? Hérode, tétrarque (gouverneur) de Galilée avait épousé la femme de son frère, Hérodias, ce qui contrevenait à la loi juive. Jean le Baptiste protesta, fut jeté en prison et Hérodias obtint sa tête, par l’intermédiaire de sa fille Salomé, à la suite d’une danse où elle impressionna le gouverneur.

Salviati, 1543 Francisco Salviati peint ici en 1542 un jeune aristocrate de la famille des Médicis à Florence, à l’époque de Cosme Ier.

Mario Benvenuti, par Giovanni Moroni, 1560 On a ici un soldat de Charles Quint, Mario Benvenuti, peint par un des grands portraitistes du XVIe siècle, Giovanni Moroni, en 1560.

Sebastiano del Piombo, 1531 Sebastiano del Piombo peint ici le cardinal Salviati en 1531 ; petit-fils de Laurent le Magnifique, le cardinal négocie au nom du Pape la libération de François Ier, prisonnier de Charles Quint après la défaite de Pavie.

fasolo2 Portrait de famille, Giovanni Antonio Fasolo, 1561

The family portrayed is dressed in extremely luxurious and fashionable clothing, but they don’t look very happy. The father presumably commissioned the painting and chose the way he wanted them portrayed, but one must wonder why he was satisfied with the result! The daughter seems sad and retrospective. One boy looks desperately unhappy, the other extremely apprehensive. Even the dog seems worried, and paws his master for reassurance.

The father projects a forceful presence, but his stern visage and protective arm around his daughter lead one to speculate that someone has just arrived to haul them all off to prison. Has the father incurred the wrath of the Doge? Are bailiffs pounding at the door? Where’s the mother?

veronese_ff Véronèse peint Francesco Franceschini en 1551. Autres portraits du grand peintre.

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Hendrick Van Cleve a peint toute une série de tours de Babel, le Ringling en possède une. On en trouve dans bien d’autres musées, plus élaborées.

The closest in date and mood is the version by Hendrick van Cleve who, like Brueghel, made the journey to Rome. In later, stormier views by Joos de Momper and Tobias Verhaecht the unfinished tower seems already to be crumbling, but van Cleve’s sunlit Babel is very much under construction, crawling with miniature builders working treadwheel cranes, melting bitumen and firing bricks, while in the foreground a cringing architect presents his plans to an imperious Nebuchadnezzar.

Piero di Cosimo, Construction d'un palais, 1515

Piero di Cosimo représente la construction d’un palais à Florence en 1515.

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En 1526, Lucas Cranach, contemporain et ami de Luther (il en fait un portrait célèbre), peint ici le cardinal Albrecht de Brandeburg, en St Jérôme. Le lion rappelle la solitude du saint dans le désert avec l’animal pour seul compagnon. Les autres vivent avec lui en bonne intelligence :

According to legend, one day a lion came limping to the monastery. Though the other monks fled in fear, Jerome was not afraid. He looked at the lion’s foot and discovered that there was a big thorn in the its paw. Jerome pulled the thorn out. In gratitude, the lion remained Jerome’s constant companion from then on.

The animals in the painting would never peacefully coexist- they are brought together for the Facing Art: The symbolic purpose of emphasizing the attributes of the sitter. The beaver represents industriousness and constancy; the pheasant and peacock, immortality and redemption; the apple symbolizes original sin; the pear, Christ incarnate; and the grapes, the Eucharist, a Catholic rite wherein wine and bread are transformed into the embodiment of Christ.

??????????????????????????????? Le massacre des innocents, épisode du Nouveau Testament où Hérode ordonne de tuer tous les nouveaux nés mâles, est représenté ici en 1515 par un peintre du cercle de Jan de Beer à Anvers. Au loin, la famille sainte s’enfuit en Egypte.

??????????????????????????????? St Vitus guérit un dément, peintre inconnu de Nuremberg, vers 1490. Le saint est Guy en français, l’épilepsie était appelée danse de St Guy, ou danse de St Vitus, en l’honneur du saint du IVe siècle, guérisseur, ou faiseur de miracles…

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Détail d’un triptyque de Pieter Coecke de 1520, représentant des épisodes de la vie du Christ, ici les rois mages.

Les coffres (cassone, cassoni au pl.) étaient somptueusement décorés dans l’Italie de la Renaissance, on a gardé le panneau dans ces deux représentations, celle d’une bataille entre Romains et Gaulois (les Gaulois sont représentés comme des sauvages à demi-nus, les Romains comme des guerriers du XVe, mais néanmoins l’emblème SPQR), par Giovanni di ser Giovanni Guidi, ou Lo Scheggia, vers 1450 ; et le siège de Naples par Alfonse d’Aragon en 1441, d’un auteur florentin inconnu :

Romains et Gaulois

Siège de Naples

Enfin le Ringling présente des copies d’époque des fameux tableaux de Giuseppe Arcimboldo composés de fruits et de plantes, ici l’été et l’automne :

L'automne L'été

Autres posts sur le musée :
Le Baroque, première partie ; deuxième.
Les grands maîtres du XVIe et XVIIe.
Le XVIIIe.
Le romantisme.
Le XXe.

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