De Soto

De Soto et ses hommes à travers le continent

De Soto et ses hommes à travers le continent

Quand on se balade en Amérique, par mer, par terre ou par air, tout semble facile et bien organisé. Quelques siècles plus tôt cependant, cinq exactement, ce n’était pas une partie de plaisir. On voit ici Hernando De Soto à la tête de ses hommes, lors de son expédition fabuleuse de plusieurs années à travers l’Amérique du Nord, de 1539 à 1542, à une époque où évidemment il n’y avait rien, seulement la nature hostile et des tribus au stade paléolithique, la plupart du temps hostiles également. On est seulement un peu plus de quarante ans après l’arrivée de Colomb.

L’image donne bien cette impression de dureté environnante et le côté hagard de ces hommes transplantés d’un continent avec derrière lui quelque trois millénaires de civilisation dans un autre qui devait ressembler à ce qu’était l’Europe dix mille ans plus tôt. Sur environ 700 membres débarqués en Floride, 300 arrivèrent vivants, quatre ans plus tard, dans un poste espagnol du Mexique, retrouvant ainsi le fil coupé avec la mère patrie. Le plus étonnant est le nombre élevé de survivants, après ces épreuves inouïes et ce trekking dément à l’échelle d’un continent. De Soto ne faisait pas partie du nombre, il a laissé la vie sur les bords du grand fleuve qu’il a découvert, un an auparavant, le Mississippi.

Il dort au lit profond creusé par les eaux vierges.
Qu’importe un monument funéraire, des cierges,
Le psaume et la chapelle ardente et l’ex-voto ?

Puisque le vent du Nord, parmi les cyprières,
Pleure et chante à jamais d’éternelles prières
Sur le Grand Fleuve où gît Hemando de Soto.

Un des aspects les plus fascinants dans cette histoire consiste dans les chevaux de l’expédition. Les chevaux, qui n’existaient pas en Amérique, les chevaux qu’on voit bien plus tard dans les westerns, les mustangs des Indiens, viennent de là, de cette expédition en particulier. De Soto les a amenés d’Europe via Cuba dans les navires qui mouillent dans la grande baie, aujourd’hui celle de Tampa. Ils les utilisent bien sûr, mais un bon nombre s’échappent, essaimeront à travers le continent, redevenant sauvages, seront ensuite domestiqués par les Indiens et au fil de quatre siècles se retrouveront dans notre imaginaire collectif, comme s’ils avaient toujours fait partie des lieux.

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Expédition De Soto, 1539-1542

L’Amérique rend hommage de multiples façons à De Soto, l’Amérique des parcs nationaux, les appellations multiples de lieux qui rappellent le conquistador, l’Amérique industrielle aussi avec la fameuse marque de Chrysler, DeSoto, voitures des années 1950 aux ailerons prononcés. Ici dans la baie de Tampa, c’est l’endroit même où il a débarqué, très beau mouillage dans la rivière Manatee, qui a été transformé en National Memorial. Joli parc-musée, reconstitution en costumes, film, balades autour de la pointe à son nom.

1951 DeSoto

 

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2 Réponses to “De Soto”

  1. Michel Says:

    A quoi on pourrait ajouter que le Mémorial de Soto, en Floride, est un exemple dont pourraient s’inspirer beaucoup de pays qui prétendent attirer des touristes.

  2. JB Says:

    « When we in the United States think of the most populous New World societies existing in 1492, only the Aztecs and Incas come to mind. We forget that North America also supported populous Indian societies in the Mississippi Valley. Sadly, these societies too would disappear. But in this case conquistadores contributed nothing directly to the societies’ destruction; the conquistadores’ germs, spreading in advance, did everything.
    When De Soto marched through the Southeast in 1540, he came across Indian towns abandoned two years previously because nearly all the inhabitants had died in epidemics. However, he was still able to see some of the densely populated towns lining the lower Mississippi. By a century and a half later, though, when French settlers returned to the lower Mississippi, almost all those towns had vanished.
    Their relics are the great mound sites of the Mississippi Valley. Only recently have we come to realize that the mound-building societies were still largely intact when Columbus arrived, and that they collapsed between 1492 and the systematic European exploration of the Mississippi. » Jared Diamond

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