Adam et Ève

Adão e Eva, ou Hino do Amor (Hymne à l’amour), E. Canto da Maia

Dans le quartier du Chiado, au centre de Lisbonne, se trouve un petit musée, le MNAC, Museu Nacional de Arte Contemporânea, mais d’une richesse extraordinaire. On peut y admirer des sculptures de Rodin et de Carpeaux, mais aussi des œuvres d’artistes moins connus en France, comme Ernesto Canto da Maia. Et nombre de tableaux de peintres portugais.

La tentation de la pomme, l’hésitation d’Adam :

Une magnifique oeuvre de Jean-Baptiste Carpeaux, Flora, qui évoque irrésistiblement le groupe à droite de l’Opéra de Paris, La Danse :

Quand on pense que La Danse, une oeuvre aussi extraordinaire et emblématique de Paris,  à l’instar de La Marseillaise de Rude, donnant à la pierre une légèreté insoupçonnée, a failli être remplacée par une sculpture médiocre, on est étonné par l’évolution du goût et des mentalités :

Fin juillet, les groupes de la façade de l’Opéra sont découverts l’un après l’autre. Aussitôt les critiques notent le contraste entre l’œuvre de Carpeaux, d’une grande audace, et la « médiocrité » des trois autres. Beaucoup se livrent à la caricature, les plus pudiques dénoncent son obscénité : « Des femmes, excitées par le Génie de la Danse, mènent une ronde entraînante. Épuisées, enivrées de leur propre fatigue, elles s’abandonnent au mouvement qu’elles n’ont plus la force d’arrêter ni continuer », s’exclame un journaliste. Edmond de Goncourt évoque même dans son Journal l’expression « faire le groupe de Carpeaux », utilisée pour évoquer une partie fine.

Les réactions sont plus ou moins amusées, jusqu’à l’épisode connu de la tache d’encre, dans la nuit du 26 au 27 août, véritable jalon dans l’histoire de l’iconoclasme propre à la modernité : une bouteille du liquide noirâtre est lancée sur la sculpture, atteignant le flanc droit d’une bacchante, et le poignet de sa compagne. L’incident provoque une profonde indignation, et tout le monde y va de son conseil pour effacer la tache. Une solution sans danger est trouvée par un chimiste, et cinq jours plus tard la pierre a retrouvé sa blancheur originelle, sans que le coupable ait été retrouvé. Mais le groupe continue à faire scandale, et Carpeaux doit demander le soutien de l’empereur lui-même, et du jeune prince de 13 ans, pour éviter que La Danse ne soit retirée. Cependant, face à la pression de l’opinion publique, Napoléon III, comme Garnier, souhaitent que le groupe soit remplacé, et demandent à Carpeaux de créer une nouvelle œuvre. Ce que l’artiste refuse catégoriquement dans une lettre ouverte oubliée dans le Figaro.

La guerre de 1870 survient et sauve La Danse de Carpeaux : l’Opéra est converti en lieu de stockage, et on ne se soucie plus du scandale. En 1872 cependant, le débat reprend et Garnier veut faire remplacer le groupe par celui qui a été commandé à un autre sculpteur, Gummery, décédé entre temps. Mais la mort de Carpeaux en 1875 fige les velléités de censure, et l’œuvre à scandale, devenue sacrée, est encore sauvée. En 1964, une copie réalisée par Paul Belmondo remplace l’original fort abîmé. Restaurée, la sculpture est aujourd’hui conservée dans la nef du musée d’Orsay.

Rodin est là aussi, avec son Âge du bronze (1876), ainsi que Bourdelle (Apollon), et des sculpteurs moins connus comme Joseph Bernard, António Teixeira Lopes et António Soares dos Reis :

Rodin était un excellent ami de Robert Louis Stevenson, comme le montre cette lettre en excellent français, l’auteur de L’Île au Trésor et de Dr Jekyll a longtemps vécu à Hyères.

La petite robe bleue, de Adriano Sousa Lopes :

http://www.museuartecontemporanea.gov.pt/pt/artistas/ver/48/artists

Adriano Sousa Lopes (1879-1944), A blusa azul, 1928

La sœur de l’artiste, António Soares :

http://www.museuartecontemporanea.gov.pt/pt/artistas/ver/65/artists

António Soares (1894-1978), Portrait de la sœur de l’artiste, 1936

Alfredo Roque Gameiro (1864-1935) peint São Sebastião en 1916 :

A despedida (Les adieux), António José Patrício, 1858 :

Un bateau manquant, en Bretagne, par José Júlio Sousa Pinto (1856-1939), 1890 :

Le rendez-vous, du même, 1893, au musée des beaux-arts de Rio :

De José Veloso Salgado, Au cimetière, 1890, toujours en Bretagne, qui semble avoir inspiré nombre d’artistes portugais.

Columbano Bordalo Pinheiro (1857-1929) :

Le groupe du Lion (café), personnages

Tullia est une reine étrusque de Rome, épouse du tyran Tarquin le superbe (534-509), elle tue son père avec la complicité de son mari, en l’écrasant sous son char, ce que représente Bordalo Pinheiro.

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3 Réponses to “Adam et Ève”

  1. jycaro Says:

    Un régal!

  2. JB Says:

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