Mais devagar! Diriam que fugimos…

Allégorie : América, 1824, Joaquim Rodrigues Braga

Ou encore :  Mais devagar! Vão pensar que estamos a fugir!
« Moins vite ! On va dire (ils vont croire) que nous fuyons… »

C’est le mot historique de la reine Maria, s’adressant à son cocher, lors du trajet vers le port, pour s’embarquer vers l’Amérique. Elle est la première femme qui a régné sur le Portugal (1877-1807). La mort de son fils et héritier, à 27 ans, en 1788, de la variole, lui fait peu à peu perdre la raison. La reine meurt à Rio en 1816, durant l’exil de la famille royale.

Avec 25 000 hommes, Junot approche de Lisbonne en novembre 1807, la cour s’enfuit, part au Brésil pour y préserver la monarchie, un peu comme d’autres chefs d’Etat européens fuient en Angleterre en 1939-40 devant l’avancée allemande. Au musée des Carrosses à Lisbonne (Museu dos Coches), une exposition relate cet épisode.

Quinze mille personnes s’embarquent dans les navires en partance, la confusion est indescriptible. Il faut attendre que les vents soient favorables. En mer, peu de jours après le départ, l’eau et les vivres commencent à manquer, nombre de ladies, jouissant de la plus grande richesse et splendeur quelques jours auparavant, se trouvent dans les conditions les plus difficiles, sans rien pour se changer, avec devant elles une traversée de 5000 milles dans un espace restreint constamment secoué par les flots… Mais l’espoir est quand même présent, avec la perspective d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ, sur un nouveau continent. L’arrivée à Bahia, puis à Rio, ne les déçoit pas, malgré « la chaleur insupportable et les moustiques » :

O pais é encantador, cheio de lugares deliciosos, montanhas elevadas, prados verdejantes, florestas com arvores magnificas, aves incomparaveis… E preciso dizer que a América Portuguesa seria um Paraiso Terrestre se não houvesse um calor insuportavel de 88 graus e muitos mosquitos.

The country is charming, full of delightful places, high mountains, green landscapes, forests with magnificent trees, exceptional birds. It has to be states that the Portuguese America would be a paradise on earth, but for the excessive heat and many mosquitoes.

 Oliveira Martins, dans sa grande oeuvre sur l’histoire de son pays, raconte la fuite de la cour.

Le livre est un gros pavé, une histoire écrite en 1879 et qui s’arrête en 1834. C’est une histoire poétique, lyrique, du Portugal. Tout à fait déroutante pour celui qui veut comprendre et apprendre. On ne saisit pas grand-chose de l’ordre des événements, ni des événements eux-mêmes, ni du contexte, rien n’est expliqué, comme le ferait un livre d’histoire moderne. Mais c’est une oeuvre littéraire, bien écrite et bien traduite, un monument de la littérature portugaise. A noter une chronologie utile à la fin et une liste des rois et des dynasties, pour le coup, elles, très utiles. Voir plutôt les deux histoires du Portugal récentes de Labourdette et Bourdon, si on veut sortir des brumes sur ce pays. Celui-là n’y aide guère, mais le style est superbe, un Michelet portugais.

Vue de Rio, avec le Pain de sucre et le Corcovado à l’époque, dans l’exposition

Cent jours après avoir quitté Lisbonne, la flotte jette l’ancre en baie de Rio. La famille royale débarque le lendemain dans l’allégresse. Le canon tonne, les cloches carillonnent, on s’asperge d’eau bénite en respirant les vapeurs d’encens. Le contraste saisit entre cette ville « africaine », peuplée aux deux tiers de Noirs et de métis, livrée aux aventuriers et aux marchands d’esclaves, et ces courtisans pâles, lourdement vêtus, un rien ridicules.

Trois siècles après sa découverte par Pedro Alvares Cabral, le Brésil reste alors une terre inexplorée. C’est un pays aux frontières floues, sans vrai pouvoir central, sans commerce intérieur ni monnaie. Ses 3 millions d’habitants se sentent à peine « brésiliens ». L’arrivée du prince transforme la colonie en métropole. Sous son impulsion, Rio s’agrandit, s’embellit et se raffine. Elle s’ouvre aux marchandises et aux idées.

Dom Joao implante un Etat stable et organisé. Il donne au Brésil son unité territoriale, politique, économique et linguistique. Alors que l’Amérique espagnole s’enfièvre et se déchire, le Brésil s’émancipe en douceur de la tutelle portugaise. En 1815, le régent proclame « le royaume uni du Portugal, du Brésil et d’Algarve », faisant de Rio l’égale de Lisbonne. Il devient le roi Jean VI. Un an après son retour au pays natal, son fils Dom Pedro proclame l’indépendance (7 septembre 1822) et devient le premier empereur du Brésil.

Jean-Pierre Langellier, Le Monde, 5/3/2008, Merci Napoléon, disent les Brésiliens

Vue sur Ipanema, depuis Copacabana, en 1895, 87 ans après l’arrivée de la cour

En 1821, João VI rentre au Portugal pour retrouver son trône, tandis que Dom Pedro devient empereur d’un Brésil indépendant. La flottille passe non loin de Ste Hélène où Napoléon vit ses derniers moments, il meurt le 5 mai de la même année.

Un très bel article sur cet événement, de Marie-Pierre Gröndahl, dans Paris-Match, août 2016 :

Un royaume sous les palmiers. Trois cents ans après la découverte du Brésil, une nouvelle flotte portugaise s’apprête à traverser l’Atlantique. Il ne s’agit plus de conquérir des territoires, mais de fuir la menace de l’envahisseur français. En novembre 1807, Jean VI, prince de Bragance et régent du Portugal, décide d’y installer sa cour et son administration. Un pari insensé qui érigera Rio de Janeiro en capitale du Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves. Son fils, Pierre Ier, puis son petit-fils Pierre II deviendront à leur tour empereurs du Brésil. Sous leurs règnes, la contrée amazonienne se transforme en puissance émergente, jusqu’à ce qu’un coup d’État mette fin, le 15 novembre 1889, à la folle épopée des Bragance.

Il fait nuit noire et il pleut des trombes. Depuis plusieurs jours déjà. Les rues de Lisbonne se sont transformées en un magma boueux, où voitures à bras, calèches et piétons sont englués. Des milliers de personnes hagardes et affolées se bousculent, des caisses remplies à ras bord de linge, d’argenterie et de documents officiels jonchent le sol. Le temps presse. En ce 25 novembre 1807, les 25 000 hommes des troupes napoléoniennes du général Jean Andoche Junot ne sont plus qu’à quelques heures de marche de la capitale du royaume du Portugal, après avoir parcouru 500 kilomètres en vingt-cinq jours, presque sans vivres et sans grand équipement.

Ce petit pays, « l’oreille de la Péninsule », est pris en étau depuis des années. Soit il se soumet à Napoléon Ier comme son puissant voisin espagnol, soit il se place sous la protection de la seconde nation dominante de l’époque : la Grande-Bretagne, elle-même en guerre absolue contre « l’usurpateur » français. Jean VI, régent du Portugal, hésite. Il assure le pouvoir depuis que sa mère, la reine Marie Ire, a été déclarée folle par un collège de dix-sept médecins en 1792. C’est dans la nature de ce prince de la maison de Bragance, alors âgé de 40 ans, petit, indolent et laid, d’être incapable de trancher. Cent fois, l’héritier du trône a pesé les termes du dilemme, écoutant les représentants de la Couronne britannique, son alliée de toujours, qui plaident pour l’abandon du royaume et la fuite. Cent fois, il a remis sa décision à plus tard, tentant même d’amadouer l’Empereur en lui offrant des diamants brésiliens et la main de son fils Pierre pour une princesse Bonaparte. En vain.

Dans les dernières heures, le prince choisit l’exode. La famille royale, les aristocrates, les hauts fonctionnaires, les artisans, les médecins, les domestiques – entre 7 000 et 10 000 personnes – vont quitter leur terre. Et, pire, franchir l’océan pour rejoindre la perle des colonies, le Brésil, lusitanien depuis trois siècles. Junot entrera dans un pays en partie déserté, où la population a reçu l’ordre de ne pas se battre. Pour Jean VI, le pari est démesuré. Jamais un royaume n’a opté pour son transfert dans une colonie lointaine. Cette transhumance restera unique dans l’Histoire. Le Portugal déménage au Brésil. Comme si le roi George III d’Angleterre s’était réfugié aux Etats-Unis.

Un royaume sous les palmiers. Trois cents ans après la découverte du Brésil, une nouvelle flotte portugaise s’apprête à traverser l’Atlantique. Il ne s’agit plus de conquérir des territoires, mais de fuir la menace de l’envahisseur français. En novembre 1807, Jean VI, prince de Bragance et régent du Portugal, décide d’y installer sa cour et son administration. Un pari insensé qui érigera Rio de Janeiro en capitale du Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves. Son fils, Pierre Ier, puis son petit-fils Pierre II deviendront à leur tour empereurs du Brésil. Sous leurs règnes, la contrée amazonienne se transforme en puissance émergente, jusqu’à ce qu’un coup d’État mette fin, le 15 novembre 1889, à la folle épopée des Bragance.

Il fait nuit noire et il pleut des trombes. Depuis plusieurs jours déjà. Les rues de Lisbonne se sont transformées en un magma boueux, où voitures à bras, calèches et piétons sont englués. Des milliers de personnes hagardes et affolées se bousculent, des caisses remplies à ras bord de linge, d’argenterie et de documents officiels jonchent le sol. Le temps presse. En ce 25 novembre 1807, les 25 000 hommes des troupes napoléoniennes du général Jean Andoche Junot ne sont plus qu’à quelques heures de marche de la capitale du royaume du Portugal, après avoir parcouru 500 kilomètres en vingt-cinq jours, presque sans vivres et sans grand équipement.

Ce petit pays, « l’oreille de la Péninsule », est pris en étau depuis des années. Soit il se soumet à Napoléon Ier comme son puissant voisin espagnol, soit il se place sous la protection de la seconde nation dominante de l’époque : la Grande-Bretagne, elle-même en guerre absolue contre « l’usurpateur » français. Jean VI, régent du Portugal, hésite. Il assure le pouvoir depuis que sa mère, la reine Marie Ire, a été déclarée folle par un collège de dix-sept médecins en 1792. C’est dans la nature de ce prince de la maison de Bragance, alors âgé de 40 ans, petit, indolent et laid, d’être incapable de trancher. Cent fois, l’héritier du trône a pesé les termes du dilemme, écoutant les représentants de la Couronne britannique, son alliée de toujours, qui plaident pour l’abandon du royaume et la fuite. Cent fois, il a remis sa décision à plus tard, tentant même d’amadouer l’Empereur en lui offrant des diamants brésiliens et la main de son fils Pierre pour une princesse Bonaparte. En vain.

Dans les dernières heures, le prince choisit l’exode. La famille royale, les aristocrates, les hauts fonctionnaires, les artisans, les médecins, les domestiques – entre 7 000 et 10 000 personnes – vont quitter leur terre. Et, pire, franchir l’océan pour rejoindre la perle des colonies, le Brésil, lusitanien depuis trois siècles. Junot entrera dans un pays en partie déserté, où la population a reçu l’ordre de ne pas se battre. Pour Jean VI, le pari est démesuré. Jamais un royaume n’a opté pour son transfert dans une colonie lointaine. Cette transhumance restera unique dans l’Histoire. Le Portugal déménage au Brésil. Comme si le roi George III d’Angleterre s’était réfugié aux Etats-Unis. « Le régent marchait au-dessus de l’abîme et envisageait un avenir aussi sombre et incertain que l’océan qu’il s’apprêtait à traverser », confie dans ses Mémoires un observateur, Jose Acursio das Neves.

Dans le port de Lisbonne, une immense escadre de 36 navires, elle-même sous la garde de bâtiments anglais, attend les futurs exilés. Brigantins, frégates, sloops, corvettes et vaisseaux de ligne, pour la plupart en mauvais état, voiles effilochées et mâts incertains, accueillent cette foule hétéroclite, mais aussi le carrosse des souverains, un piano, de l’or, de l’argent, des diamants, des peintures, de la porcelaine et le trésor royal. Manque néanmoins l’essentiel. Nombre de voyageurs embarquent avec les seuls vêtements qu’ils avaient sur le dos. Sans eau et sans nourriture. Des dames de la haute société vivront pendant des mois drapées dans les couvertures de la Royal Navy… Bien des nobles du royaume dormiront sur le pont, affamés et frigorifiés. Tous seront couverts de poux, les messieurs jetant leurs perruques dans l’Atlantique, avant de se faire raser le crâne, les dames tendant la nuque pour sacrifier leurs boucles.

Pourtant, la fuite manque d’échouer. En ce 27 novembre, le vent souffle en direction de la terre, aucun navire ne peut prendre le large. Ce n’est que le 29 novembre, à 7 heures du matin, qu’est donné l’ordre de lever l’ancre. Vingt-quatre heures plus tard, à la minute près, le général Junot entre dans Lisbonne. Les Bragance et leurs sujets, eux, voguent vers le Nouveau Monde. Leur périple est perturbé par le brouillard et les tempêtes, la flotte se disperse. Tous restent encalminés pendant des jours près de l’Équateur, sous une chaleur intense. La colère gagne les passagers.

Jean VI « le Clément » et ses deux fils, Pierre (qui lit l’« Enéide » au cours de la traversée) et Michel, ainsi que la reine Marie se trouvent sur le même bateau, en dépit des règles de prudence dynastique. L’épouse du régent, Charlotte Joachime d’Espagne, et ses filles voyagent sur un autre vaisseau. Le couple royal ne s’entend plus depuis longtemps et vit séparément. Mariés en 1785 – elle n’a que 10 ans, lui, huit de plus –, ils ne consommeront leur union que cinq ans plus tard… quand la princesse Charlotte tentera d’arracher l’oreille de son époux à coups de dents ! Fille de Charles IV, cette forte tête passionnée de politique, fervente partisane de l’absolutisme, ne cesse depuis de comploter contre son époux. Son but ? Restaurer l’autorité souveraine espagnole sur toute la péninsule Ibérique. Et désormais en Amérique du Sud, puisque l’exil lui en donne l’opportunité. Elle échouera.

Le 22 janvier 1808, le bâtiment du prince entre dans les eaux de la baie de Tous les Saints. Jean VI a préféré débarquer à Salvador de Bahia, capitale du Brésil jusqu’en 1763, avant de se rendre à Rio de Janeiro. Les rues de Salvador sont vides, le gouverneur attend les consignes avant de mobiliser la population. C’est plus sage. L’élite de la société portugaise est hâve et en haillons. Un délai de vingt-quatre heures est décrété, le temps de trouver des vêtements aussi convenables que possible. Le lendemain, un Te Deum retentit dans la cathédrale en l’honneur des émigrants. Deux mois plus tard, le 7 mars, Jean VI et sa suite accostent à Rio, où les attendent Charlotte et la cohorte des exilés. La nouvelle capitale compte 60 000 habitants, mais en accueille 10 000 de plus en un seul jour. C’est un marché aux esclaves – un tiers de la population brésilienne – à ciel ouvert. Chèvres et cochons circulent dans les rues étroites baignées d’une odeur d’huile de palme et de poisson frit. Les maisons, rares, sont perchées en hauteur, sur les collines. Les autochtones sont souvent métissés et parlent un portugais très éloigné de l’idiome d’origine. « Quelque chose du mystère de la puissance coloniale a été détruit à tout jamais ce jour-là, avec l’arrivée de ces aristocrates en guenilles », note l’historien australien Patrick Wilcken (auteur d’« Un empire à la dérive », éd. Penguin).

Musique, applaudissements et feux d’artifice jaillissent, tandis que les rues, recouvertes de pétales de fleurs, sont parfumées à la cannelle : une semaine durant, les Brésiliens fêtent les Portugais. Mais il faut offrir un toit à ces 10 000 nouveaux venus, dans un pays où les grandes demeures n’existent guère. « Ce sont les marchands d’esclaves, les premières fortunes du pays, qui se rapprochent de la Couronne et proposent des résidences à la famille royale », explique Armelle Enders, normalienne, docteur en Histoire et spécialiste du Brésil. L’un de ces marchands, Elias Antonio Lopes, offre au régent la Quinta da Boa Vista, qui deviendra le palais de Saint-Christophe. Charlotte, elle, décide de s’installer dans une ferme, près de la plage de Botafogo. Très vite, les fonctionnaires de la Couronne arpentent la ville un morceau de craie à la main et tracent les lettres « PR » (Principe Regente) sur les portes des logements réquisitionnés, y compris sur celles des couvents, des prisons ou de la mairie. Les habitants de Rio n’apprécient pas cette intrusion sauvage, au point que les plus aisés refusent d’achever les constructions en cours, de peur de devoir les céder à l’envahisseur. En quelques semaines, les loyers doublent, les impôts augmentent, la nourriture est rationnée. La cour est pléthorique, arrogante, prodigue.

Mais la première mesure prise par Jean VI dope l’économie brésilienne : le commerce est désormais possible avec tous les pays, et non plus exclusivement avec le Portugal. Les Britanniques en profitent avant les autres : ils importent du cristal, du textile et mille autres produits, ouvrent des pubs et édifient une église anglicane. Les Français suivront, après Waterloo et la paix revenue. Dépressif, pris de panique en cas d’orage, le régent devenu roi du Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves à la mort de la reine Marie, en 1816, s’adapte miraculeusement à sa nouvelle vie dans ce « Versailles des Tropiques ». Il aime dormir à la belle étoile, recevoir ses sujets tous les jours – sauf le dimanche – pour la cérémonie du baisemain… Jean VI établit les bases d’un Etat moderne, en dotant le Brésil d’institutions pérennes qui permettront à l’ancienne colonie de conserver son intégrité, quand les possessions espagnoles se fragmenteront en une dizaine d’Etats antagonistes. Le roi met en place des institutions et structure le pays : une Cour suprême, des ministères, une marine marchande sont créés, des hôpitaux, des écoles, la bibliothèque nationale et le jardin botanique voient le jour.

De retour au Portugal en 1821, pour tenter d’y résoudre une crise politique, Jean VI laisse la régence du Brésil à son fils Pierre Ier, « le Libérateur », qui proclamera l’indépendance en 1822. Son successeur, Pierre II, brillant intellectuel, écologiste avant l’heure et ami des grands scientifiques de son temps, sera le dernier empereur et achèvera de propulser le pays vers la modernité. Le Brésil aura changé les Bragance et les Bragance auront changé le Brésil.

A lire : « Nouvelle histoire du Brésil », d’Armelle Enders, éd. Chandeigne.

Le musée des carrosses est extrêmement intéressant, même si c’est sans doute le dernier qu’on irait visiter à Lisbonne, on y voit celui de Philippe II, le grand roi d’Espagne, fils de Charles Quint, celui de l’Invincible Armada et de l’Escurial, à l’époque (1580) où le Portugal avait été absorbé par son puissant voisin, et des dizaines d’autres, plus luxueux et richement décorés les uns que les autres, certains appartenant à des papes des XVIIe et XVIIIe siècles, jusqu’à une malle poste du XIXe. On a peine à imaginer, depuis les automobiles omniprésentes, que nos ancêtres se sont déplacés durant des siècles en voitures à cheval, si les films et les séries n’étaient là pour nous le rappeler, mais ici il s’agit des plus belles bien sûr, celles des grands de cet ancien monde.

Depuis le Museu Nacional dos Coches, Lisbonne, décembre 2017

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2 Réponses to “Mais devagar! Diriam que fugimos…”

  1. Sur trois marches de marbre rose | Le journal de Joli Rêve Says:

    […] Moins vite, on va dire que nous fuyons ! […]

  2. Spectaculaire Mafra | Le journal de Joli Rêve Says:

    […] et pas par n’importe qui : Junot, Soult et Masséna. Junot en 1807 arrive à Lisbonne et fait fuir la famille royale au Brésil, mais à la suite de deux défaites il doit se retirer en 1809. Soult ensuite, en 1809 également, […]

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