Legion of Honor (3)

Le Singel canal à Amsterdam en 1697, par Gerrit Adriaenszoon Berckheyde

Le XVIIe est le siècle d’or hollandais. Les Pays-Bas ont obtenu leur indépendance de l’Espagne, le pays est florissant grâce au commerce, les Bataves dominent les mers et mettent en pièce l’empire portugais. C’est le premier pays à sortir du piège malthusien, à fournir un niveau de vie élevé à ses habitants. La liberté y est grande et tous les écrivains, philosophes, exilés de l’époque, réfugiés des guerres, des persécutions, des régimes autoritaires, s’y établissent. La peinture hollandaise et flamande est à son apogée, avec Rembrandt, Rubens, Vermeer, Frans Hals, Van Dyck, etc., reflétant l’essor fantastique du pays.

Le tableau du haut, par Gerrit Adriaenszoon Berckheyde, d’une précision extraordinaire, hyperréaliste avant l’heure, est une des dernières œuvres de l’artiste. Il s’est noyé dans le canal peu de temps après, à la suite d’une soirée trop arrosée dans une taverne.

Dans le tableau de Pieter de Hooch, qui fait penser à Vermeer, la femme nourrit l’enfant, et le deuxième enfant l’imite en nourrissant le chien de la famille.

Le nom de Pieter de Hooch est souvent cité aux côtés de celui de Vermeer. Il n’est pas évident de savoir lequel des deux influença l’autre – et peut-être l’influence fut-elle réciproque – mais les deux œuvres, affectionnant les femmes occupées à des tâches ménagères, sont tout à fait différents. Les peintures de Pieter de Hooch contiennent presque toujours une vue vers l’extérieur, tandis que Vermeer se limite la plupart du temps à une fenêtre laissant pénétrer la lumière depuis la gauche. Vermeer préfère représenter l’humanité des scènes intimes, et peint avec une douceur extrême qui rend ses femmes particulièrement charmantes, vivantes et presque accessibles. De Hooch, quant à lui, joue sur la précision du contexte culturel et social, ce qui fait de son œuvre un témoignage précieux sur la société hollandaise du XVIIe siècle.

Jan Steen représente une scène biblique : Sara avait eu 7 maris, tous morts pendant la nuit de noces à cause du démon Asmodée qui empêche ainsi la consommation. Tobie fait appel à un ange, Raphaël, pour conjurer le sort et tuer le monstre, permettant aux jeunes époux de vivre en paix… Steen avait sans doute été impressionné par le récit, puisqu’un autre tableau, encore plus explicite, et plus kitsch, à La Haye, représente l’ange en train d’éventrer le démon.

Agar et Ismaël faisant leurs adieux à Abraham est un épisode de la Genèse. La femme d’Abraham, Sarah, stérile, lui envoie sa servante Agar, et de leur union naît Ismaël, Par la suite cependant, Sarah enfantera Isaac, et demandera le départ d’Agar et son enfant, scène représentée ici par Barent Fabritius.

Le dernier tableau n’est pas à San Francisco, mais à Boston, il s’agit aussi d’un maître hollandais, Gérard (ou Gerrit) Dou, un article récent en fait l’analyse et l’éloge, Le petit chien, 1650, toile hyperréaliste également :

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