Primer viaje

Astrolabe

Le premier voyage en Amérique est célébré ici, comme il se doit, au petit musée de la navigation de Baiona, ville où est arrivé le premier bateau de l’escadre de Colomb, la Pinta. Des souvenirs de l’époque et des siècles suivants sont rassemblés, très émouvants, et parfois plaisants, comme cette gravure du XVIe par Pedro de Medina représentant un personnage tenant un astrolabe, instrument permettant de mesurer la hauteur des étoiles ou du soleil. Cet autre personnage mesure la hauteur de l’étoile polaire, au bout de la Grande Ourse, avec un bâton de Jacob ou balestrille:

Grande Ourse, étoile polaire, balestrille

De gauche à droite : quadrant, bâton de Jacob, astrolabe, compas à pointes sèches, les instruments de navigation de l’époque des découvertes :

Le premier voyage de Colomb :

C’est le marin Rodrigo de Triana qui voit l’Amérique le premier, une bande de sable dans l’archipel des Bahamas, le 12 octobre 1492. Colomb l’aurait volé de la récompense promise… En visitant le bateau, ou plutôt sa réplique, on apprend plusieurs choses, d’abord que le barreur ne voit pas la mer, il est sous le pont, il ne voit ni les vagues, ni la proue, ni la poupe, ni la direction, il faut qu’il obéisse aux directives venues d’en haut, et naturellement on doit se relayer constamment pendant les mois de la traversée (aller : 3 août-12 octobre 1492, retour : 16 janvier-1er mars 1493). On apprend aussi que les Européens découvrent le hamac aux Antilles, qui sera adopté sur tous les navires par la suite. Enfin que l’odeur fétide de la cale (l’eau des fonds) était un bon signe, car cela signifiait que rien ne rentrait, l’eau stagnait, mais dès que l’odeur se dissipait, on savait qu’il y avait une fuite ! Et il fallait donc pomper, c’était le cas sur la Pinta…

Le petit musée contient de belles cartes d’époque aussi, où on constate que les proportions ne sont pas exactes, par exemple, tous les abris sur la côte portugaise sont exagérés, de la même taille que les rias de Galice, alors qu’il n’en est rien, une côte très échancrée dans le deuxième cas, quasi rectiligne dans le premier.

Roses des vents :

Un guide nautique du XVIIIe siècle, Le petit flambeau de la mer, ou « Le véritable guide des pilotes côtiers », de 1763, par René Bougard, ouvert à la page de Bayone (Baiona) :

Une carte de la Galice de 1793, par Vicente Tofiño, avec les reliefs des côtes pour se repérer. Sans GPS, l’approche des ports était toujours difficile, il fallait reconnaître le rivage, et sans un pilote à bord, les dessins de ce genre étaient indispensables. Ils l’ont été jusqu’à récemment d’ailleurs, dans les années 1980 encore, les guides nautiques présentaient des photos de la côte. La navigation était bien plus délicate, et comme dit mon ami Nicolas : « Maintenant, avec les GPS et la position du bateau sur le téléphone ou la tablette, n’importe qui peut aller sur l’eau, même sans aucune expérience de la mer ! » Ce n’est pas plus mal, ça s’appelle la démocratisation d’un loisir, opérée par les miracles de la technologie. 🙂

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