Gil Blas

de Santillane

La visite de Santillana del Mar nous replonge dans la littérature, avec l’oeuvre de Lesage, ce roman épique du XVIIIe siècle (un des livres préférés de mon père), inspiré par l’Espagne et les grands écrivains de la péninsule. On mesure à quel point le siècle d’or espagnol, le XVIe, influence encore les auteurs français du XVIIe et du XVIIIe, qui vont chercher leurs thèmes au-delà des Pyrénées (Gil Blas, Le Cid). Et bien sûr cela continue au XIXe, qu’on pense à Victor Hugo, avec Hernani et Ruy Blas, et tous les poèmes inspirés de l’épopée de la Reconquista ou celle des Découvertes.

Comme Oronte et son sonnet, dans le Misanthrope :

Derrière l’archevêque de Grenade qui exige la vérité sur ses écrits mais s’avère incapable de l’entendre, on reconnaît l’homme de lettres à la susceptibilité légendaire. (Wikipédia)

Jules Romains lui rend hommage :

Une forme d’art que devaient illustrer le Balzac de la Comédie humaine, le Stendhal de la Chartreuse de Parme, le Thackeray de Vanity Fair, et Zola, et Tolstoï, et maints autres après eux.

Le début :

Blas de Santillane, mon père, après avoir longtemps porté les armes pour le service de la monarchie espagnole, se retira dans la ville où il avait pris naissance. Il y épousa une petite bourgeoise qui n’était plus de sa première jeunesse, et je vins au monde dix mois après leur mariage. Ils allèrent ensuite demeurer à Oviedo, où ils furent obligés de se mettre en condition ; ma mère devint femme de chambre, et mon père écuyer. Comme ils n’avaient pour tout bien que leurs gages, j’aurais couru risque d’être assez mal élevé, si je n’eusse pas eu dans la ville un oncle chanoine. Il se nommait Gil Perez. Il était frère aîné de ma mère et mon parrain. Représentez-vous un petit homme haut de trois pieds et demi, extraordinairement gros, avec une tête enfoncée entre les deux épaules : voilà mon oncle. Au reste, c’était un ecclésiastique qui ne songeait qu’à bien vivre, c’est-à-dire qu’à faire bonne chère ; et sa prébende, qui n’était pas mauvaise, lui en fournissait les moyens.

Il me prit chez lui dès mon enfance, et se chargea de mon éducation. Je lui parus si éveillé, qu’il résolut de cultiver mon esprit. Il m’acheta un alphabet, et entreprit de m’apprendre lui-même à lire ; ce qui ne lui fut pas moins utile qu’à moi ; car, en me faisant connaître mes lettres, il se remit à la lecture, qu’il avait toujours fort négligée, et, à force de s’y appliquer, il parvint à lire couramment son bréviaire, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Il aurait encore bien voulu m’enseigner la langue latine ; c’eût été autant d’argent épargné pour lui ; mais, hélas ! le pauvre Gil Perez ! il n’en avait de sa vie su les premiers principes ; c’était peut-être (car je n’avance pas cela comme un fait certain) le chanoine du chapitre le plus ignorant : aussi j’ai ouï dire qu’il n’avait pas obtenu son bénéfice par son érudition ; il le devait uniquement à la reconnaissance de quelques bonnes religieuses dont il avait été le discret commissionnaire, et qui avaient eu le crédit de lui faire donner l’ordre de prêtrise sans examen.

Suite sur le site de la BNF

Images de Santillana, ville préservée, sans fils et sans voiture, avec les pavés, les palais et les façades de l’époque de Gil Blas, mais les touristes en plus :

Quelles différences entre une cathédrale, une collégiale, une basilique, une abbatiale, et une simple église ?

Les grottes d’Altamira, « la chapelle sixtine de l’art pariétal », de la même époque que celles de Lascaux, c. – 15 000, à la fin du Paléolithique, sont à Santillana del Mar. On comprend ainsi l’intérêt touristique majeur de la cité.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :