Ports basques

La côte basque, montagneuse et découpée, est truffée d’abris, d’anses, de niches, de rias, que les hommes ont complétés au fil des siècles en construisant des digues et des jetées, elle fournit autant de ports où on peut faire escale, à des distances courtes, chacun étant différent, avec sa personnalité, sa configuration particulière, qui fait que les sociétés humaines diffèrent des termitières, des fourmilières ou des ruches. Une variété infinie, liée au relief, aux rivières qui dévalent des montagnes, aux îlots et aux estuaires. Le croisiériste tranquille n’a que l’embarras du choix pour s’arrêter, dans les soirées sans fin du mois de juin.

Bermeo :

Dans l’Atlas des côtes d’Espagne, de Pedro Texeira, 1634

Vu par Luis Paret, 1780

Bermeo est à vingt minutes en train de Guernica, cité martyre de la guerre civile, l’occasion d’une sorte de pèlerinage. Et aussi de Gaztelugatxe, endroit extraordinaire, île rattachée à la terre par une longue passerelle de pierre.

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Leikeitio et sa basilique :

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Mutriku :

La première digue qui protège Motrico est en réalité une centrale à vagues, ou usine houlomotrice (breakwater wave plant), qui utilise la force des vagues pour produire de l’énergie. Non pas une usine marémotrice comme celle de la Rance, animée par le courant des marées, mais bien la puissance de la houle.

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Cosme Damian de Churrunga, marin et scientifique natif de Mutriku, est mort héroïquement lors de la bataille de Trafalgar, où il commandait un vaisseau de ligne de la marine espagnole, le San Juan Nepomuceno, pris ensuite par les Anglais.

As the hours passed Churruca, whose leg had been torn off by a cannonball, the deck of his ship covered by the blood of his wounded and dead seamen, continued to stubbornly order his ship’s batteries to fire. Mortally wounded, the Basque-born Churruca prohibited his officers from surrendering and ordered them to continue returning fire whilst he remained breathing. His officers kept their word, even after Churruca died and command of the ship had been passed to the second-in-command, Francisco de Moyna, who continued the fight until he himself was killed. He was replaced by the next officer in command who also refused to surrender. However, unable to break the circle of fire formed by the six enemy ships, including Defiance, Tonnant and Dreadnought, and in order to prevent the ship from sinking with all the wounded trapped below, the last officer left alive in San Juan Nepomuceno yielded with over 400 dead and injured on board. (Wikipédia)

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Getaria. Port très accueillant, joli site avec la montagne San Antón qui ressemble à une souris couchée (ratón) quand on arrive de l’ouest, et lieu de naissance du premier marin à avoir fait le tour du monde, Elkano, et du grand couturier Balenciaga (musée énorme à Getaria). Délicieux produits de la mer à la maison Maisor, sur les quais.

Comment Getaria devient Getaria au fil du temps :

Au musée Cristóbal Balenciaga (1895-1972)

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San Sebastian. On ne présente plus la ville bien sûr, mais pour les bateaux de passage, ce n’est pas une escale facile, la baie est couverte de bouées, celles qui sont disponibles sont loin du bord, et le port est minuscule et plein. Il paraît que les pêcheurs constituent un lobby efficace qui s’oppose à toute extension de la plaisance. Ce sera pour une autre fois… Heureusement, il y a Pasajes à trois milles, un fjord sublime, l’entrée la plus impressionnante de toute la côte. Trouvée dans une galerie de Bilbao, cette peinture de la baie de San Sebastian :

San Sebastian, 1950, Marie-Anne Ichanson

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Pasajes. On s’est laissé prendre au charme de Pasajes (ou Pasaia, ou San Juan, ou encore Donibane, des tas de noms pour un endroit magique, voir photo en haut), restés deux jours. Victor Hugo a vécu là en 1843, envoûté par le lieu, sa maison est maintenant un musée. Pasaia mérite un post à part…

Ce lieu inédit qui est un des plus beaux que j’ai vus et qu’aucun touriste ne visite, cet humble coin de terre et d’eau qui serait admiré s’il était en Suisse et célèbre s’il était en Italie, et qui est inconnu parce qu’il est en Guipuzcoa, ce petit éden rayonnant où j’arrivais par hasard, et sans savoir où j’étais, s’appelle en espagnol Pasaia et en français le Passage.

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Enfin, l’estuaire de la Bidassoa, qui sépare l’Espagne et la France, avec Hondarribia d’un côté (magnifique cité) et Hendaye de l’autre. Deux marinas, deux plages, deux villes. On change d’échelle ici, le mouillage dans la baie est immense, des centaines de bateaux, et la marina de Hendaye est également gigantesque, le nombre de bateaux, par rapport à tout ce qu’on a vu en Espagne atlantique et au Portugal, est hallucinant : la France et la plaisance, une histoire d’amour…

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4 Réponses to “Ports basques”

  1. Jean-Yves Caro Says:

    Extra. Je croyais cette côte très inhospitalière.

  2. JB Says:

  3. JB Says:

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