L’Ethiopie à Abbadia

Repas chez un chef, fresque murale au château d’Abbadia

Le château d’Abbadia, sur les hauteurs de la côte basque, au dessus de la plage d’Hendaye, est dû à Viollet-le-Duc et Edmond Duthoit, sur la commande d’un savant et explorateur du XIXe siècle, Antoine d’Abbadie (1810-1897), d’origine irlandaise et basque.

La visite du château est intéressante (pas de photos), surtout pour les souvenirs africains. Antoine et son frère Arnauld sont en effet des aventuriers qui ont vécu une douzaine d’années en Ethiopie, entre 1838 et 1849 – à la recherche des sources du Nil, un mystère à l’époque* -, un temps où le royaume était totalement à l’écart et resté inchangé depuis des siècles. Une période en outre de désordre et de guerres.
Arnauld Michel d’AbbadieRas Mikael en Ethiopie – a laissé un livre sur cette période : Douze ans de séjour dans la Haute Ethiopie, publié en 1868. Introduction par l’auteur :

Il semble qu’en un temps comme le nôtre, où tout procède si rapidement, il y ait peu d’opportunité à offrir au public, comme je le fais, la relation d’un voyage en pays presque inconnu, longtemps après que ce voyage a été accompli. Mais si un voyage fait dans un but purement géographique se trouve quelquefois comme frappé de péremption par des travaux géographiques plus récents, il n’en est point de même d’un voyage entrepris, comme celui-ci, dans le but d’étudier les mœurs, le caractère et les institutions d’un des peuples de l’Orient les plus intéressants et les moins connus jusqu’à ce jour. Parti pour l’Orient en 1836, j’en suis revenu une dernière fois en 1862, après avoir séjourné plus de douze ans dans la Haute-Éthiopie, et après y avoir été mêlé, comme témoin ou comme acteur, aux événements qui ont attiré sur ce pays l’attention de l’Europe.
Dès mon retour en France, sous l’influence des impressions reçues à l’étranger, et pour complaire à un ami, j’ai donné à cette relation une forme écrite. Mais pour avoir le droit de parler d’un pays si dissemblable du nôtre, il ne suffit pas d’y avoir séjourné un long temps et de s’être dénationalisé en quelque sorte, afin de voir de plus près les hommes et les choses que l’on se propose de faire connaître; lorsque l’on est rentré dans son milieu natal, il faut encore, pour se soustraire à tout engouement et épurer ses jugements, écarter, pour un temps, les opinions et les idées dont on s’est imbu à l’étranger, et, reprenant les points de vue ses compatriotes, s’habituer de nouveau à leur manière de penser, avant de leur offrir les fruits d’une expérience acquise dans des conditions si différentes de celles qui nous régissent.
Ma relation écrite, j’ai donc laissé passer un certain temps. Aujourd’hui, par suite du redoublement d’activité que les nations européennes mettent à étendre leurs relations avec les peuples les plus reculés de l’Orient, et par suite du retentissement qu’ont eu les derniers rapports de l’Angleterre avec Théodore, j’ai pensé que mon travail ne serait pas sans utilité. Je viens de le reprendre, et je l’offre avec la confiance que donne une tâche fidèlement remplie, et avec la réserve qui convient à celui qui, comme moi, entreprend de produire un ensemble de faits et de caractères propres à faire juger de tout un peuple.

Un article très complet dans la revue Annales d’Ethiopie en 2011, par Viviane Delpech :
« L’Éthiopie au château d’Abbadia. De la création à l’expression d’un programme orientaliste »

Hendaye plage :

* Sources du Nil 

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