Archive for the ‘Lusophonia’ Category

Palácio dos Marqueses de Fronteira

11 novembre 2017

Ce palais, dans l’immense parc Monsanto, en bordure de Lisbonne, est un enchantement, une symphonie d’azulejos et de sculptures qui ornent le bâtiment et les jardins. Il faut le mériter, il est rarement ouvert, la visite est guidée, deux par jour seulement, 11h et midi, car la famille des marquis de la Frontière y habite toujours. Mais après avoir vu l’intérieur (pas de photos), on peut traîner dans le parc tant qu’on veut. L’accès se fait depuis la station de métro Jardim Zoológico, en suivant une sorte de jeu de piste : une bande verte sur le trottoir qui y mène comme les pierres du petit Poucet, une innovation locale, jamais vu ça – cette excellente idée – ailleurs.   

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À la recherche de l’Estado Novo

26 septembre 2017

La révolution des Œillets date de bientôt un demi-siècle, et on ne voit guère de traces à Lisbonne de la période antérieure, l’Estado Novo, de Salazar et Caetano, qui a pourtant duré presque aussi longtemps, de 1933 à 1974. Il est décrit comme ‘a right leaning corporatist regime of para-fascist inspiration‘*. Le monument des Découvreurs (Padrão dos Descobrimentos) sur les bords du Tage est un exemple de l’architecture de cette époque, les deux colonnes qui dominent le parc Edouard VII également. De là, une allée majestueuse s’ouvre sur la place du marquis de Pombal et l’avenue de la Liberté, avec une vue sur toute la ville et l’estuaire. L’ensemble date de 1949, oeuvre de l’architecte Keil do Amaral. Une affiche de propagande, avant que le pays perde ses colonies :

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Enterram-se os mortos e cuidam-se os vivos

25 septembre 2017

La ville avant le tremblement de terre (détail du panneau géant de 1700)

C’est la réponse de Sebastião José de Carvalho e Melo, marquis de Pombal, quand on lui demanda : « Et maintenant ? », après le tremblement de terre et le tsunami qui firent plus de 50 000 victimes et détruisirent la ville en 1755 : « Enterrez les morts et occupez-vous des vivants », symbole de l’esprit pratique qui marqua ensuite son gouvernement (1755-1777). On est en plein siècle des Lumières, Voltaire et Rousseau se disputeront sur l’interprétation à donner à la catastrophe, pourquoi Dieu a-t-il laissé ainsi punir un des pays les plus pieux du continent, pourquoi aussi la destruction de toutes ces églises ?

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Museu de Marinha

23 septembre 2017

Parti le 8 juillet 1497 de Lisbonne, Vasco de Gama arrive en Inde avec sa caraque (nef ou nau), le São Gabriel,  le 21 mai 1498, soit après un voyage de onze mois… Il en repart le 29 août 1498 et rentre au Portugal en septembre 1499, après plus de deux ans. Le retour aura duré encore plus longtemps, 14 mois. L’arrivée à Calicut, vue par Roque Gameiro (1900) :

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Hiéronymites

22 septembre 2017

J’aime bien ce mot, hiéronymites, en portugais c’est plus simple, Jerónimos, repris à l’identique en anglais, en espagnol, en italien ou en allemand, ça veut dire appartenant à l’ordre de Saint Jérôme, en latin Ordo Sancti Hieronymi. Le monastère à Belem, sur le Tage, dans l’agglomération de Lisbonne, avec son église et son cloître de style manuélin (fin du gothique, règne de Manuel Ier : 1495-1521) est une splendeur. Évitez d’y aller en juillet-août par contre, la foule gâcherait un peu la visite. En fin d’après-midi, quand le soleil tape sur le haut du cloître, le spectacle est de toute beauté. Les tombeaux des deux plus grands noms du Portugal, Vasco de Gama et Luís de Camões sont ici, à l’entrée de l’église de Santa Maria.

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Sintra

22 septembre 2017

Sintra, lieu mythique, dans la montagne entre Lisbonne et l’océan, résidence privilégiée des souverains du Portugal. Le palais date de la Renaissance, à la fin du XVe siècle. Les deux cheminées lui donnent son aspect si original, et l’intérieur est simplement époustouflant. Du palais et de la ville on voit sur les hauteurs le château des Maures, construit sous le califat de Cordoue (Al-Andalus), aux VIIIe et IXe siècles, avec comme objectif de se défendre et s’abriter des incursions viking. Sintra s’appelait alors Al-Shantara…

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Le couvent de liège

9 septembre 2017

Frei Honorio de Santa Maria

Deep in yon cave Honorius long did dwell
In hope to merit heaven, by making earth a hell.
Byron

Dans la montagne de Sintra, un site extraordinaire, le monastère des Capucins, ou Couvent de Santa Cruz, taillé dans le roc, dominant la vallée, enfoui sous la verdure. Occupé par les moines franciscains de 1560 à 1834, laissé à l’abandon ensuite, il a été restauré et ouvert au public seulement en 2001. Douze cellules minuscules, une cour, une fontaine, une chapelle, des allées, des portes et fenêtres en liège pour isoler, on crapahute en baissant la tête* dans les couloirs minuscules, puis dans les sentiers environnants, sous les arbres, avec des échappées superbes vers l’océan.

Philippe II d’Espagne, 1556-1598 (et Philippe I du Portugal, 1581-1598), disait du lieu : « Há dois lugares que muito estimo, o Escorial por tão rico e o Convento de Santa Cruz por tão pobre ». Il y a deux endroits que j’aime particulièrement, l’Escurial, parce qu’il est si riche, et le Couvent de Santa Cruz, parce qu’il est si pauvre.

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Que Pena!

6 septembre 2017

Quand on va à Sintra, haut lieu de la monarchie portugaise, ne pas se tromper, le palais de Sintra n’est pas le même que celui de Pena. Le second est une construction bizarre du XIXe siècle, le premier est plus ancré dans l’histoire et infiniment plus beau. Pena est un château kitsch, multicolore, très laid et très ridicule, sauf de loin car le site est superbe sur une colline dominant la forêt, dans la Serra de Sintra. Par contre les jardins de Pena sont admirables, immenses et magnifiques, de quoi se perdre une journée entière. La visite du château lui-même en juillet est en plus une épreuve, avec la foule compacte, un peu comparable au métro d’une grande ville aux heures de pointe.

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Onde a terra se acaba

2 septembre 2017

Eis aqui, quase cume da cabeça
De Europa toda, o reino lusitano,
Onde a terra se acaba, e o mar começa,
Esta é a ditosa pátria, minha amada.
Luís de Camões, Os Lusíadas

Le point le plus à l’ouest de l’Europe est au Portugal. En tout cas, si on s’en tient à cette carte, à cette projection… Il faudrait en fait préciser, le plus à l’ouest de l’Europe continentale, car l’Islande est bien plus à l’ouest, et l’Irlande bat le Portugal d’une courte tête, comme on le voit avec une autre projection dans la carte du bas. Mais ce sont des îles. Le cap le plus occidental de l’Irlande est à 10°37 W, le cap Roca au Portugal à 9°30  Celui de l’Islande à 24°28, encore plus à l’ouest que le continent américain avec le Groenland (17°16 sur sa côte orientale), ce qui apparaît nettement sur la carte du haut. Si on prend en compte toutes les îles, le Portugal conserve cependant la palme, avec les Açores, encore plus à l’ouest que l’Islande (28°49 pour Faial, 31°15 pour Flores).

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La sirène de Sesimbra

28 août 2017

En passant à Sesimbra pour voir la marina, au sud de Lisbonne, une escapade au château sur une colline qui domine la ville. Vue superbe, visite intéressante, église remplie d’azulejos, et une charmante sirène en marbre…

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Ambula et lege

6 août 2017

Marche et lis… Un bon programme pour les amateurs de randonnées et les gens curieux. C’est celui que donne Zé Fernandes, personnage d’Eça de Queiroz, à son ami Jacinto dans le roman A Cidade e as Serras, 1901, traduit en français sous le titre 202, Champs-Elysées, par Marie-Hélène Piwnik, chez Folio, avec une introduction très intéressante de la traductrice. Un extrait ici, un magnifique passage sur Homère et l’Odyssée :

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Lisbonne, et quelques toiles (3)

6 août 2017

L’adoration des Mages, Domingos Sequeira, 1828, détail

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Lisbonne, et quelques toiles (2)

6 août 2017

Painéis de São Vicente de Fora, Nuno Gonçalves, 1480. Henri le navigateur est dans le troisième panneau à partir de la droite, au centre-droit, avec la coiffe noire.

Au musée des arts anciens maintenant, qui est en fait le musée public des beaux arts de la capitale. Museu nacional de Arte Antiga, MNAA. Avec les fameux Panneaux de St Vincent. Très riche, dominant le Tage, avec un parc et des vues superbes, c’est une véritable oasis en été : alors que les autres lieux touristiques sont envahis à un point que tout le plaisir éventuel est gâché (on se retrouve comme dans le métro), ici c’est frais et désert, à peine quelques visiteurs circulant à l’aise dans les vastes salles, et dégustant un café ou une boisson fraîche dans le jardin. Plaisir suprême après une visite au musée…

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Lisbonne, et quelques toiles (1)

6 août 2017

Antoine Watteau (1684-1721), dessin de femmes sous la Régence

Calouste, c’est le très beau prénom* de M. Gulbenkian, un bienfaiteur de Lisbonne, qui a fait fortune dans le pétrole entre les deux guerres (« M. 5%« ) et qui a laissé un magnifique musée dans la capitale, d’une richesse exceptionnelle. On peut y aller et y retourner, d’autant que le site est très agréable, et les deux restaurants aussi, l’un dans le parc, l’autre à l’intérieur.

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Lisbonne, et quelques écrivains

6 août 2017

Le Tage, depuis le centre de la ville, Praça do Comércio

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