Archive for the ‘Peinture’ Category

Enterram-se os mortos e cuidam-se os vivos

25 septembre 2017

La ville avant le tremblement de terre (détail du panneau géant de 1700)

C’est la réponse de Sebastião José de Carvalho e Melo, marquis de Pombal, quand on lui demanda : « Et maintenant ? », après le tremblement de terre et le tsunami qui firent plus de 50 000 victimes et détruisirent la ville en 1755 : « Enterrez les morts et occupez-vous des vivants », symbole de l’esprit pratique qui marqua ensuite son gouvernement (1755-1777). On est en plein siècle des Lumières, Voltaire et Rousseau se disputeront sur l’interprétation à donner à la catastrophe, pourquoi Dieu a-t-il laissé ainsi punir un des pays les plus pieux du continent, pourquoi aussi la destruction de toutes ces églises ?

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Lisbonne, et quelques toiles (3)

6 août 2017

L’adoration des Mages, Domingos Sequeira, 1828, détail

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Lisbonne, et quelques toiles (2)

6 août 2017

Painéis de São Vicente de Fora, Nuno Gonçalves, 1480. Henri le navigateur est dans le troisième panneau à partir de la droite, au centre-droit, avec la coiffe noire.

Au musée des arts anciens maintenant, qui est en fait le musée public des beaux arts de la capitale. Museu nacional de Arte Antiga, MNAA. Avec les fameux Panneaux de St Vincent. Très riche, dominant le Tage, avec un parc et des vues superbes, c’est une véritable oasis en été : alors que les autres lieux touristiques sont envahis à un point que tout le plaisir éventuel est gâché (on se retrouve comme dans le métro), ici c’est frais et désert, à peine quelques visiteurs circulant à l’aise dans les vastes salles, et dégustant un café ou une boisson fraîche dans le jardin. Plaisir suprême après une visite au musée…

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Lisbonne, et quelques toiles (1)

6 août 2017

Antoine Watteau (1684-1721), dessin de femmes sous la Régence

Calouste, c’est le très beau prénom* de M. Gulbenkian, un bienfaiteur de Lisbonne, qui a fait fortune dans le pétrole entre les deux guerres (« M. 5%« ) et qui a laissé un magnifique musée dans la capitale, d’une richesse exceptionnelle. On peut y aller et y retourner, d’autant que le site est très agréable, et les deux restaurants aussi, l’un dans le parc, l’autre à l’intérieur.

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Paula Rego

18 juillet 2017

est à la Casa das historias, très beau musée à Cascais. Je n’y connais rien à l’art moderne, mais j’ai été sensible à cette toile de 1954, ce n’est pas la Vénus d’Urbino, mais c’est justement pour ça sans doute qu’elle nous touche :

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Deus nobis haec otia fecit

13 juillet 2017

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A Cascais, à l’entrée du Tage à Lisbonne, la traversée est terminée, on touche un autre continent. Deux mois depuis Miami, il est temps d’arriver. La ville est une station balnéaire chic, reliée à la capitale par un petit train longeant la côte. Il y a là le « Charme de la côte atlantique », c’est le motto choisi par les édiles. La température est idéale en été, c’est un climat méditerranéen, mais sur l’Atlantique, et avec sa fraîcheur. Les petites rues grouillent de touristes, de cafés et de restaurants, de librairies, il y a de très beaux musées, et la marina est moderne et extrêmement bien entretenue et gérée. Le mouillage est possible à l’extérieur, dans la baie abritée formée ici par la côte. Bref, le repos enfin… La citation de Virgile des Bucoliques, trouvée dans un parc, paraît appropriée : C’est Dieu qui nous a donné cette tranquillité Pour le contexte historique du vers, voir ici.

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Une tradition à Horta

7 juillet 2017

Une tradition locale, ici à Horta, est pour les voileux de passage de laisser un dessin de son bateau, une peinture de son voyage, sur la jetée en béton ou autour du port. Si on ne la respecte pas, on s’expose aux pires ennuis en mer, et les marins étant gens superstitieux, et en plus l’affaire étant amusante et flattant le narcissisme de chacun, tout le monde s’y adonne, au grand bénéfice des marchands de pots de peinture de la ville… Cela s’approche de la coutume des ex-voto. Quelques-unes de ces traces laissées sur la digue, il y en a des centaines, les unes récentes, flamboyantes, la plupart peu à peu effacées par le temps et les embruns :

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Le Désert

25 août 2016
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Le prêche au désert, ou Les héros de la liberté de conscience, tableau de Max Leenhardt (1853-1941)

Le mot Désert pour les protestants français désigne la période de persécution entre 1685, révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV (l’édit de Nantes était un édit de tolérance relative d’Henri IV, en 1598, qui avait mis fin aux guerres de religion), et 1787, édit de tolérance sous Louis XVI, à la veille de la Révolution, avec l’influence des Lumières. Il désigne aussi le fait que les assemblées religieuses protestantes se déroulent dans la clandestinité durant un siècle, dans des endroits secrets, écartés, des grottes, des forêts, des montagnes reculées, bref des « déserts ». Il fait référence enfin à la période des 40 années de l’exode quand les Hébreux quittent l’Egypte et l’esclavage et errent dans le désert, avant d’atteindre la terre de Canaan.

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I was only happy once…

23 août 2016
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Long John Silver, peint ici par Monro Scott Orr (1874-1955) en 1934

and that was at Hyères.
R.L. Stevenson

Pour avoir vécu dix ans à Hyères, de 1996 à 2005, je le comprends très bien. La ville a la taille idéale et offre avec la baie, la presqu’île de Giens, les îles comme Porquerolles, et son climat, un environnement incomparable. C’est d’ailleurs là, entre 1883 et 1884, que l’immortel auteur de L’île au trésor, La Flèche noire et Dr Jekyll et Mr Hyde a produit ses plus grandes oeuvres.

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Dans les Pyrénées

9 août 2016
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La maison de Michel

Retour aussi dans les Pyrénées, à Lercoul, hameau montagnard de l’Ariège, non loin d’Andorre.

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Noël en Lozère, bis

27 décembre 2015

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Noël 2015 en Lozère et en Aveyron.

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A Roman Holiday

23 mai 2015
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A Roman Holiday, Frank Markham Skipworth, 1889, détail

Vacances romaines, Roman Holiday, a un sens un peu différent de la lettre, en anglais, cela signifie plaisir éprouvé à la souffrance d’autrui, comme dans les jeux du cirque, plaisir apparent dans le portrait de ces deux femmes, par Frank SkipworthA Roman Holiday, Skipworth, 1889 C’est l’occasion de faire un parallèle entre académisme et impressionnisme, à la même époque, toujours au Noma.

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Notre pauvre roi

12 avril 2015
Louis le seizième

Louis le seizième

est comme il se doit en Louisiane, à la Nouvelle Orléans, au Noma, ainsi que son épouse, tout aussi malheureuse. Et quelques toiles du XVIIIe siècle français. Le nez bourbon, l’assurance des princes, il ne savait pas alors, devant le peintre, que l’histoire est cruelle, surtout pour les faibles. Louis XVI avait pourtant bien commencé : à son accession au trône, en 1774, il nomme Turgot aux Finances, ainsi qu’une équipe de physiocrates, pour réformer le royaume (mettre fin aux privilèges des corporations, libérer les prix des grains, abolir les douanes intérieures entre provinces, rendre la fiscalité plus juste, etc.), Voltaire et les philosophes (tous libéraux à l’époque, bien qu’on n’emploie pas encore ce terme) s’enthousiasment (« Il faut tenter de vivre » s’écrie le premier), le pays semble engagé sur la voie d’une modernisation, d’une libération de l’économie.

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La poursuite du vent

11 avril 2015

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Memento Mori : La mort s’invite au banquet, Giovanni Martinelli, 1635

Il s’agit en réalité d’une Vanité* particulièrement cruelle : un groupe de jeunes gens est en train de festoyer quand surgit de l’ombre, à droite du tableau, et à leur grand effroi, un squelette, figure de la Mort qui vient s’emparer de l’un d’entre eux. Une des femmes désigne le malheureux tandis que celui-ci, surpris, peine à comprendre son sort funeste, ne voulant pas encore y croire.

Le défaut de vanité nous pousse à poursuivre le vent, selon l’Ecclésiaste*, c’est-à-dire faire des efforts inutiles, condamnés par la brièveté de la vie. Elle est illustrée, cette vanité, par quelques toiles au NOMA, le musée des beaux arts de la Nouvelle Orléans, situé dans un grand parc de la ville.

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À Pensacola

11 mars 2015
parade

Préparatifs pour la parade

pendant un an… Du diable si je m’attendais à rester tout ce temps ici. La ville est agréable, certes, la navigation alentour est facile, la baie large et profonde permet la voile, la sortie vers le golfe du Mexique est sûre et proche, les excursions en bateau variées, mais, mais, mais, je ne suis jamais resté aussi longtemps dans un endroit depuis mon départ en 2011. Un travail à finir, des rencontres, une marina pratique, voilà quelques raisons, et il faudra maintenant attendre la fin de la saison chaude et des cyclones pour repartir.

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