Posts Tagged ‘Arméniens’

Didactique

22 octobre 2012

Le mémorial du Camp des Milles est divisé en trois parties, une partie historique (rappel des faits), une partie mémorielle (le camp lui-même), une partie didactique (comment éviter le retour du passé). Cette dernière partie est très bien faite, comme l’ensemble du camp-musée d’ailleurs, on peut juste s’étonner que seules trois tueries de masse aient été retenues : les Tutsis en 1994, le génocide nazi en 1940-45 et la déportation des Arméniens par les Jeunes Turcs de l’Empire Ottoman finissant, pendant la Première Guerre mondiale. Rien sur les autres grands massacres du XXe siècle dans les pays communistes : celui des Khmers rouges, celui de la folie maoïste, ceux des bolcheviks en Russie, culminant avec Staline. On peut chercher comme explication le fait que ces derniers n’étaient pas basés sur l’exclusion et la suppression d’une race ou d’un peuple, comme les trois retenus, mais plutôt sur une exclusion sociale, une exclusion qui ressortit à l’idéologie et non au racisme, mais quand même, il y a là un oubli frappant ou un choix contestable. On pourrait y voir aussi l’influence importante à Marseille de la communauté arménienne, comme celle du Parti communiste, et sans doute aurait-il été bon de justifier ce choix, plutôt qu’un silence total. Pas une affiche, pas un mot, pas un rappel, sur ces autres génocides.

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Louis de Bernières

17 septembre 2010

Le roman de Louis de Bernières sur Kayakoy, Birds without wings, paru en 2004, prend les premières décennies du XXe siècle et la Turquie pour cadre. La Première Guerre mondiale et la bataille des Dardanelles, la montée de Mustapha Kemal et la chute de l’empire Ottoman, la guerre gréco-turque de 1919-22, l’incendie de Smyrne, l’échange de population qui suivit la victoire turque, etc. L’action se déroule à la fois sur le plan intime du village et des ses habitants chrétiens et musulmans, turcs, arméniens et grecs, et sur le plan historique général de la période. Le livre a un véritable souffle, comme les grands romans historiques, il vous emporte dans le flot des événements mondiaux sans jamais quitter le détail de la vie quotidienne de gens simples. Il répond à l’exigence principale d’un roman : se lire avec intérêt, n’être jamais ennuyeux. Les quelques pages ou chapitres qu’on peut lire chaque jour ou chaque soir sont comme un rendez-vous agréable avec des personnages qu’on apprend à apprécier, qu’on est content de retrouver.

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