Posts Tagged ‘Baudelaire’

Le Voyage

9 mai 2016

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

[…]

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

Charles Baudelaire

Un usurier juif

8 novembre 2013

Le thème du poète maudit, rejeté par la société, acculé au suicide comme Thomas Chatterton, représenté ici par Henry Wallis, est bien sûr récurrent chez les romantiques, de Vigny à Keats, en passant par Wordsworth ou Baudelaire. Nul ne l’a mieux exprimé que ce dernier, dans l’Albatros*, sonnet inspiré par un voyage à la Réunion, lorsque son beau-père, le général Aupick, excédé par les frasques du jeune homme, il a vingt ans, l’expédie sur un grand navire, « glissant sur les gouffres amers » :

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Influences

8 mai 2012

Verlaine aimait ce poème de Hugo, « La fête chez Thérèse » (Le clair de lune bleu qui baignait l’horizon), il s’en est inspiré pour son « Heure du berger » (Blanche, Vénus émerge, et c’est la nuit), l’horizon est là, même si la Lune est devenue rouge. Hugo lui-même trouve un écho chez Baudelaire, la Lune encore et les « horizons bleuâtres » de « Paysage » (Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité). Trois mots clés qui se renvoient les uns aux autres (bleu, horizon, lune), trois magnifiques poèmes :

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Cartes marines

20 décembre 2011

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est semblable à son vaste appétit.

Avec les cartes électroniques, sur le GPS-traceur du bord, sur l’ordinateur, sur l’Ipad ou l’Iphone, on a tendance à oublier les bonnes vieilles cartes papier. Pourtant quel plaisir, dans des journées en mer qui se traînent en longueur, le moment où on se penche sur la carte pour reporter au crayon sa position, le nombre de milles parcourus en 24h, et où on voit le but approcher…

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Les morts

2 août 2011

Visite éclair de Palerme, la mal famée, en une matinée. Le taxi a fait office de guide et de gardien de chien pendant le tour  La capitale de la Sicile possède au moins deux trésors, les Catacombes du monastère des Capucins, un dépôt de cadavres momifiés hallucinant, et la Cappella Palatina, laissée par les Normands au XIIe siècle et restée dans un état parfait.

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Les merveilleux nuages

15 juin 2011

Dans le ciel dalmate, en juin, on pense à Baudelaire, à son étranger et ses merveilleux nuages :

– Qui aimes-tu le mieux, homme enigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

Petits poèmes en prose, 1869

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Sneek et Makkum

5 septembre 2010

Sneek sous la pluie. Ce pays a le même climat que l’Angleterre, il pleut souvent, il fait frais, et on est en août… Assez déconcertant quand on est habitué à la stabilité du soleil méditerranéen pendant des semaines. On comprend mieux les vers de Baudelaire, où il parlait des Pays-Bas :

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L’invitation au voyage

12 avril 2010
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté
On ne se lasse pas de Panormitis, de son incroyable sérénité, de son dépouillement, de sa simplicité unique. Il n’y a rien, hormis la baie toute ronde et le monastère baroque. Mais arriver là la veille du Vendredi de Pâques n’est pas une mince affaire, les chants orthodoxes venus des fidèles réunis dans la chapelle nous ont bercés la nuit entière. Une véritable magie. Seuls un voilier belge, voisin de quai, parti à l’aube, nous a rappelé l’existence du monde extérieur. Ils ont d’ailleurs pris notre arrivée en photo, depuis le moulin.

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Greek cats

2 novembre 2009

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Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires
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