L’enfant du régiment

Une rencontre entre la peinture et la musique, qui passe par l’Italie, l’Angleterre et la France. John Everett Millais a peint cette toile, inspiré par l’opéra de Donizetti, La fille du régiment, écrit en français à Paris et créé en 1840. L’action se déroule pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire, au début du siècle, une histoire d’enfant illégitime, entre une marquise autrichienne et un officier de la Grande Armée, et après la mort de son père dans une bataille, élevée par le régiment, comme le titre l’indique.

Ces guerres durent un quart de siècle, elle a donc eu le temps de grandir et devenir une jeune fille au moment de l’histoire. Mais Millais situe son tableau bien avant, quand elle n’est encore qu’une enfant. Il imagine qu’elle a été touchée par une balle perdue (l’oeuvre s’appelle aussi The Random Shot), et repose blessée à la main dans une église, sur la tombe d’un chevalier, recouverte de la tunique d’un grenadier. Heureusement, elle s’en est bien sortie puisqu’on la retrouve dans l’opéra quelques années après…

Compositeur extraordinairement prolifique, c’est à Paris que Donizetti compose « La fille du régiment », son premier ouvrage original en français et sommet du bel canto. On retrouve dans cet opéra, tout son talent mélodique, dans le feu d’artifice vocal qui explose tout au long de l’ouvrage ainsi que dans le si fameux aria pour ténor « ah ! Mes amis, quel jour de fête », qui ne comporte pas moins de neuf contre-ut successifs, ce qui lui valut le nom de « Mont Everest » du bel canto. Bien que fortement décrié au moment de sa création, cet opéra connut un succès éclatant et demeure populaire dans le vrai sens du terme, car il met en scène des personnages ordinaires dans un décor historique, où la joie, l’émotion et les événements s’expriment dans une musique tantôt militaire, parfois lyrique, par moment faite de mélodies populaires, invariablement irrésistible et bon enfant. Tous ces éléments en font l’un des trésors du répertoire lyrique français.

Au Tyrol pendant les guerres napoléoniennes.
Marie une jeune vivandière orpheline et pleine d’esprit, adoptée par un régiment de grenadiers tyroliens veut épouser le jeune paysan qui est devenu soldat par amour pour elle. Après de nombreux rebondissements et autant d’aventures, à commencer par les retrouvailles avec sa mère, une aristocrate ridicule et rétrograde, l’amour triomphera et la naïveté, l’humour et l’idéalisme de Marie, auront raison de la risible Marquise.

Fuyant l’Autriche , la marquise de Berkenfield (soprano) se retrouve au milieu d’un régiment dont la mascotte, la cantinière Marie (soprano), jeune fille orpheline recueillie par le sergent Sulpice (basse) et son bataillon, désire épouser le jeune paysan Tonio (ténor) qui s’est engagé par amour pour elle. C’est alors que Sulpice découvre que Marie est la nièce de la marquise, qui l’emmène vivre en son château, pour refaire son éducation.

Bien que promise par l’aristocrate à un jeune noble, Marie, quand elle revoit Sulpice et tous ses anciens camarades, aspire à reprendre sa vie d’autrefois. C’est alors que la Marquise révèle au sergent être la mère de Marie, fruit d’une liaison illégitime. Eclairée sur ses origines par Sulpice, Marie se résout à signer l’acte de mariage. Mais quand le régiment surgit avec Tonio, devenu capitaine, à sa tête, Marie chante son enfance heureuse avec le régiment et réussit à émouvoir la Marquise qui l’unit au jeune officier.

Voir ici pour un résumé plus détaillé.

Un passage poignant de l’opéra : Il faut partir, dans diverses interprétations : Natalie Dessay, Patrizia Ciofi, Diana Damrau.

Les costumes sont dans deux cas ceux de la Première Guerre mondiale, l’armée française, et dans le troisième, la Seconde, l’armée US. Outre que les uniformes sont bien loin du style flamboyant de ceux du début du XIXe, à l’époque napoléonienne, il s’agit d’un contresens évident, car en cinq ans dans la Première Guerre mondiale, ou en six ans dans la Deuxième, l’histoire ne peut tenir, l’enfant n’a pas le temps de devenir une jeune femme amoureuse.


Autre scène : Les brigands de Français ne respectent rien ! (vers la minute 5)

La marquise
Pour une femme de mon nom, Quel temps, hélas! Le temps de guerre! Aux grandeurs on ne pense guère… Rien n’est sacré pour le canon! Aussi, vraiment, je vis à peine… Je dépéris, je le sens bien… Jusqu’aux vapeurs, et la migraine, Les ennemis, hélas! Les ennemis ne respectent rien!

Les villageois
Ne respectent rien!

La marquise
Les Français, chacun me l’assure, Sont une troupe de brigands… Pour peu qu’on ait de la figure Ils deviennent entreprenants, les brigands. Aussi, je frémis quand j’y pense! Mon sort je le connais trop bien… La beauté, les mœurs, l’innocence… Ces gens-là ne respectent rien! Les brigands de Français ne respectent rien!

Tous
Les brigands de Français ne respectent rien! Non, rien!

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